Fermeture centrale à dépression Mercedes

Quel confort que de pouvoir fermer toute la voiture avec UNE SEULE 🔑clé !

Rappelez-vous : votre Renault 4 5 6... ou Citroën DS Ami Cx Bx Amx ou Peugeot 204 304 404 504... ne se refermait qu'au prix d'un tour complet de voiture ! Et souvent avec des clés différentes, au moins pour le contact, le coffre voire le bouchon de carburant. Certains aiment les trousseaux 🗝🗝🗝

Mercedes innova donc en proposant la fermeture centralisée par une 🔑clé unique, qui plus est la clé de contact ! Cette clé n'a pas de sens. Elle s'introduit sans dessus-dessous, contrairement aux portes de maison qui font encore hésiter la nuit -quelle avance.

La 🔑clé du système ? La fermeture centrale des Mercedes des 70s 80s repose sur la dépression du moteur, une énergie gratuite et toujours disponible sur les moteurs à essence, tant que le moteur tourne.

Ce système pneumatique connaît toutefois une limite : toute fuite provoque la panne générale et la voiture ne ferme plus. Enfin si, on peut encore fermer toutes les portes de l'intérieur l'une après l'autre.

Rien que le mot "dépression" peut rebuter les amateurs : ô combien de vieilles Mercedes ne ferment plus du tout ! Nous espérons redonner un peu d'entrain à tous ceux qui auraient cédé à la... déprime.

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La dépression moteur

L'aspiration naturelle dans l'admission engendre une forte dépression. Tous les moteur à essence aspirent naturellement et fortement l'air (comburant) dans la chambre d'admission pour le mélanger à l'essence (carburant).

Il suffit donc de brancher un tuyau dans l'admission pour bénéficier d'une dépression forte, gratuite et constante, moteur tournant. Ceci concerne tous les moteurs à essence 4tps et 2tps à carburateur ou injection. En Diesel il faut une pompe dédiée.

L'ensemble est donc peu coûteux avec de simples tuyaux d'air souples et sans pompe, contrairement au Komfort Hydraulic de la Mercedes 600 (vitres, sièges, toit ouvrant, etc.) qui nécessitait lui une pompe, huile et tuyauterie rigide.

La dépression moteur des W116 W126 et C107 R107 alimente deux parties complètement indépendantes : fermeture centralisée et chauffage, avec un repiquage pour le tempomat.

Sur les coupés C107 s'ajoute blocage des dossiers des sièges avant (dès le moteur tourne) qui autrement basculent pour pouvoir monter à l'arrière.

Chaque partie possède une soupape en tête, un tuyau principal et son propre réservoir dans le coffre (au-dessus du réservoir d'essence) pour la fermeture centralisée. Dans l'aile AVG pour le chauffage. Aucun pour les sièges du coupé.

Le système fut repris sur les W126 avec l'ajout d'une... pompe à dépression électrique (cause de panne supplémentaire). MB a ensuite abandonné la dépression pneumatique au profit de systèmes électro-mécaniques puis électroniques, plus chers mais sans doute moins coûteux en main d'oeuvre après-vente : la recherche de panne est plus rapide. Aujourd'hui la fermeture est télécommandée sans fil et même connectée (!).

La fermeture centralisée

La fermeture de tous les loquets des Mercedes C107 R107 W116 W123 W124 W126 W201 repose sur la dépression du moteur :
-les quatre portes
-le coffre
-la trappe à carburant

Seuls le Neyman et la boîte à gants échappent à la dépression, mais conservent la même 🔑clé.

poumon double porte avant droit à dépression Mercedes W116

D'origine, les Mercedes étaient livrées avec deux clefs carrées (en photo) + une troisième de forme ronde dite "de garage" qui ne pouvait ouvrir ni le coffre, ni la boîte à gants (si le propriétaire avait pris soin de les refermer en tournant la clef).

Tout le système est sous le contrôle de la porte conducteur avec cette fameuse 🔑clé unique.

Quand le moteur ne tourne plus, un réservoir d'air permet d'actionner les serrures avec la clé jusqu'à une dizaine de fois, selon l'état du système. Ce réservoir se trouve dans le coffre sous la plage arrière.

La dépression actionne les boutons et les clenches grâce à des soufflets ou "poumons". Ces poumons peuvent être simple ou double.

Le poumons simples reviennent à leur position initiale avec un ressort (trappe à carburant ou sièges des coupés)
Les poumons doubles sont branchés doublement par les deux lignes de fermeture et d'ouverture

poumon double porte avant droit à dépression Mercedes W116 poumon double à dépression Mercedes W116 porte avant droit poumon double à dépression porte avant droit Mercedes W116 détail poumon simple à dépression coffre Mercedes W116 poumon simple à dépression coffre Mercedes W116

On peut tout résumer ainsi : en tout 5 poumons à vérifier l'un après l'autre...

Outil dépression

Pour toute intervention sur les systèmes à dépression on peut utiliser tout simplement le moteur comme pompe à vide, mais il est plus confortable d'avoir sous la main un outil pour tester les fuites.

Pour tester la dépression, il faut soit basiquement faire tourner le moteur, soit se procurer ou fabriquer un outil à dépression. L'outil permet de dépressuriser un circuit en le débranchant ou un poumon (soufflet). Par exemple MITYVAC (qualité) ou un Erzatz made in China...

Truc inédit ! Vous pouvez fabriquer un outil simple mais efficace avec un manomètre à dépression, une soupape, du tuyau et... une seringue de vétérinaire à moins de 1€ -achetez-en plusieurs car toujours utile au garage.

Si vous n'en avez pas de soupape sous la main, chipez provisoirement une soupape en tête de la dépression à côté du servo-frein ; il y en a deux (chauffage et fermeture centralisé). Si vous testez la fermeture centrale, prenez celle celle de chauffage. A cette occasion, vous pourrez vérifier si les tuyaux et les raccords en caoutchouc sont encore suffisamment souples pour servir...

En effet les caoutchouc durcissent (facile à remplacer) et les tuyaux peuvent casser après 50ans, rien qu'en les manipulant ! ça m'est arrivé. Il faut alors changer les tuyaux et croyez-moi ce n'est pas une mince affaire...

Outil maison pour tester la dépression

On aspire avec la seringue et on observe le manomètre à dépression qui fonctionne en négatif. Sur cette photo on voit le zéro à droite et on lit -50cmHg. Ca ne doit pas bouger à l'œil pendant 5 mn.

Les manomètres à dépression peuvent être gradués en mercure Hg, psi, mbar, kPa... gros mic-mac sur les unités de mesure. Utilisez le convertisseur de pression bar ↔ PSI ↔ hPa ↔ mmHg ↔ atm

MB donne les valeurs en mmHg (millimètres de mercure comme d'autres constructeurs). Mais l'échelle utilisée a peu d'importance tant qu'il n'y a pas de fuite. Car l'outil sert plutôt à contrôler la chute de dépression en tout ou rien : ça fuit ou pas. La mesure exacte en mmHg ne devient utile que si on veut affiner et respecter les tolérances indiquées par la doc MB.

Manomètre à dépression Mityvac

On voit sur cette photo de manomètre Mityvac les deux échelles de pression en positif (kPa et psi à droite), mais en négatif (dépression) les psi (pounds par square inch = livre par pouce carré) passent en inHg (pouces de mercure) histoire de bien se mélanger les pinceaux à la mode US !

Conclusion : n'importe quel manomètre à dépression fait l'affaire et l'échelle est peu importante en soi pour détecter les fuites.

Diagnostic

Il garder à l'esprit que c'est un circuit en série. À la moindre fuite, rien ne va plus ! En collection, rares sont les véhicules dont la dépression fonctionne.

Comme tous les circuits en série, toute fuite casse la chaîne entière. Or une fuite de dépression reste invisible (aucune fuite apparente). Il faut donc contrôler tous les éléments les uns après les autres, ce qui est long et fastidieux car certains "poumons" sont peu accessibles.

Et tout le problème avec la dépression, c'est qu'il n'y a aucun indice de l'origine de la fuite, puisque "ça ne fuit pas" extérieurement : aucun son, aucune bulle, aucun fluide visible.

La panne se résume dans 95% des cas aux soufflets ou "poumons" qui deviennent poreux et tous ces éléments doivent être testés les uns après les autres. Concrètement, les petits soufflets en caoutchouc soumis à la dépression actionnent une tige qui ouvre ou ferme la porte, le coffre, la trappe à carburant. Avec l'âge leur caoutchouc se fend et fuit.

Sur les coupés, les deux poumons à vérifier sont sous les sièges avant. Ce système isolé sans réservoir est pris directement sur l'aspiration moteur, sans doute par sécurité. Dès qu'on ouvre une porte ou le coffre, la dépression s'annule et les sièges peuvent basculer. En cas de fuite, les sièges ne se bloquent plus sous l'effet d'un ressort de rappel. Donc attention en route, vous n'êtes plus tenu que par votre ceinture ! J'ai conservé une facture MB de 2002 pour le remplacement des deux soufflets du coupé : temps 4,3h et 494€ incluant le contrôle de la fermeture centralisée (d'où le temps passé). Ces poumons A0008001875 payés 96€ l'unité ne sont plus disponibles.

Après 50 ans, on peut se dire qu'il faudra bien changer tous les soufflets un jour ou l'autre et la méthode consiste effectivement à les tester successivement. Au moindre doute sur le caoutchouc, prévoyez le remplacement (ou réparation, mais existe-t-elle ?).

En tête de circuit se trouvent les deux soupapes. Elles servent à maintenir la dépression dans le circuit.
Une pour la fermeture centralisée et l'autre pour le chauffage (+ le Tempomat). Elles sont sous le capot devant le conducteur, à côté du gros servo-frein.
A partir de 10/1976 une soupape supplémentaire pour la fermeture centralisée est fourrée sous le tableau de bord (hélas difficile d'accès et cause supplémentaire de panne).

Ces soupapes sont reliées à la dépression par un gros tuyau blanc qui sort de l'admission derrière le moteur. Ce tuyau résiste plutôt bien à la chaleur, mais à la longue il finit par brunir et durcir. Rien qu'à sa couleur, on connaît son âge. Il peut être changé. ref.

Les deux soupapes servent de clapets anti-retour. Quand le moteur s'arrête, la dépression est maintenue dans les circuits chauffage et fermeture.

1. En cas de panne, testez ces deux soupapes de tête en premier. C'est le plus facile.

Il suffit de les débrancher et aspirer vers l'habitacle avec l'outil à dépression. Elle ne doivent laisser passer l'air que dans un sens ie vers le moteur qui aspire. En aspirant vers l'habitacle, aucune fuite n'est tolérable.

Si ok, le test suivant porte sur les deux sous-circuits fermant et ouvrant. (à suivre avec photos dans la doc MB)

On passe ensuite aux 5 poumons et puisqu'il faut vérifier toute la chaîne, qu'importe l'ordre. On va donc difficulté croissante. Pour les tests, il n'y a pas besoin de déposer l'élément.

Les poumons les plus faciles d'accès sont dans l'ordre : la trappe à carburant, le coffre puis chacune des trois portes : ARG ARD et AVD.

2. Clenche de trappe à carburant : pour le test, il suffit de défaire son tuyau de fermeture sur le T qu'on voit dans le coffre à droite. Brancher la pompe à dépression, aspirer et contrôler. Pour le déposer, l'élément est vissé dans la cloison (2 vis 8mm).

3. La clenche de malle arrière peut être testée depuis le même raccord en T. Pour la dépose, l'élément est vissé sur une plaque (photo ci-dessus), mais il faut auparavant décoller la moquette de la cloison arrière pour accéder. On recollera à la colle contact (néoprène).

Quant aux portes, c'est un travail de patience. Il faut les "déshabiller" presque entièrement, c'est-à-dire enlever leur garniture intérieure pour accéder aux poumons. Sur les W116 et 107 c'est faisable sans casse, mais sur les W126 le risque de casser des ergots en plastique est grand. Ne forcez pas !

4. On commence par les portes arrières, puis la porte passager. Pour chaque porte, vérifier les deux sorties fermeture et ouverture du poumon.

Quant à la porte conducteur, elle n'a pas de poumon mais juste un petit piston qui s'use très peu. On le vérifie pareillement mais en dernier (cf doc MB pour le régler).

À ce stade, le problème est réglé dans 95% des cas. Si rien n'y fait et tous les poumons sont ok, avez-vous bien vérifié la soupape en tête ?

5. Dernière possibilité (5%) : les tuyaux, les raccords en caoutchouc ou le réservoir peuvent fuir, pas tellement avec l'âge car ils ne prennent pas très dur (sauf côté moteur) mais surtout à cause d'une soudure de carrosserie ou autre accident invisible.

Personnellement, j'ai eu ce cas d'une fuite permanente bien délicate à cerner ; j'ai d'abord fait le tour complet des soufflets qui étaient pourtant neufs : peine perdue et j'ai fini par m'habituer à tout laisser ouvert et rien de volé, alors que quand la voiture fermait bien, j'ai subi deux effractions et des remonte-vitre tordus ! Finalement, deux ans plus tard, je me suis décidé à tester tous les raccords les uns après les autres pendant quelques jours de travail. Et c'était... un tuyau cassé juste à la jointure de la porte conducteur. La documentation MB aide à progresser en montrant où sont les points à contrôler, mais ne suit pas forcément le plus court chemin (notice DIY en cours de rédaction à lire avec la doc MB après don).

Conclusion : l'entretien de la dépression est presque nul, mais en cas de fuite il faut se procurer des soufflets neufs ou en bon état. Plus rarement des tuyaux, aujourd'hui indisponibles chez MB mais trouvables en adaptable.


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WIS_Typ_116/80-200_fermeture_central.pdf [vrai document mais ici LIEN FACTICE]
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