I love 6.9
Essuie-glace moins cher !


La Mercedes 450 SEL 6.9

présentation

"La Mercedes 450 SEL 6.9 est impressionnante car elle ne fait rien pour impressionner" un possesseur allemand

La 6 LITRE 9 une voiture hors classe ?

La 6.9 est une voiture attachante car non-conforme.

J’ai possédé d’autres Mercedes des années 70-80. Elles étaient toutes confortables, solides et fiables. Sans être forcément les plus belles de ligne, elles comptaient à l'époque parmi les meilleures voitures du monde : puissance, finition et fiabilité.

La 6.9 partage évidemment ces points, mais les surclasse, au même titre que les autres Mercedes à moteur M100 (600 et 6.3) ! C'est bien ce moteur qui fait la différence : encore plus puissant, coupleux et fiable que les légendaires M110 (2.8L), M116 (3.5L) et M117 (4.5L). C'est un moteur extraordinaire, qui sur la 6.9 dispose en outre d'un carter sec et en fait une quasi-automobile de course !

Ce moteur super-carré n'était toutefois pas conçu pour la puissance (286hp DIN) mais pour le couple qui monte à 56m.kg, qui permet aussi bien de low-rider en ville, de lézarder en montagne que de s'envoler sur l'autoroute (allemande...). Le tout sans dépasser 5000t/mn. Un limiteur de régime placé sur le doigt d'allumeur l'interdit. En pratique, on peut vérifier qu'il fonctionne... en première ! Sur la photo ci-dessous, on voit un trait à 100km/h qu'on ne peut dépasser en première, sinon 2 traits à 160km/h qu'on ne dépasse pas en seconde. En troisième on peut atteindre 250km/h mais en réel ça donne 235km/h environ... tout ceci sur autoroute teutonique bien évidemment !

compteur et compte-tour de Mercedes 450 SEL 6.9 sur autoroute allemande

En sus des performances, sachez que c'est aussi le dernier moteur qui était encore assemblé MANUELLEMENT chez Daimler-Benz. Jusqu'aux seventies, les arbres à came étaient usinés à la main.

Chaque moteur M100 subissait un test de 265mn (4H25mn) dont 40mn à plein régime ! Aujourd'hui il suffit d'écouter ronronner ou rugir ces vieux moteurs qui tournent comme des horloges pour comprendre le niveau de qualité qui était atteint.

Masse du véhicule : 1935kg dont 350kg rien pour le moteur M100.985 là aussi record mondial y compris gros V8 américains (Mustang : 200kg). Le Tigre Royal comparé au Sherman...

L'autre détail "magique" de cette voiture, c'est la suspension hydro-pneumatique, empruntée aux grandes Citroën DS et SM mais certainement plus aboutie et indépendante du freinage, qui lui confère malgré son poids de presque 2T une souplesse de félin sur la route. Le poids, vous l'oubliez vite, sauf à la pompe et sur chaussée glissante -et encore, le différentiel à glissement limité autorise des fantaisies !

Toutefois et c'est la grande finesse de cette voiture, c'est qu'elle paraît presque banale dans son châssis commun aux autres classe S de l'époque -les W116 étaient 'officiellement' chez MB les premières classe S.

La plupart des gens la confondent d'ailleurs avec une simple 200D (Mercedes type 123), y compris certains propriétaires de Mercedes (faîtes le test) ! Elle partage d'ailleurs cet incognito avec la Mercedes 300 SEL 6.3 à laquelle elle succéda.

Il est vrai les français conservent une image teutonique et réductrice des Mercedes : une 'merco' quoi...

Or la subtilité chez MB, c'est que leur modèle de base avec la simple berline 200 représente déjà le Grand Luxe pour la majorité des constructeurs... Ensuite, la gamme MB s'étire vers des sommets quasi-inimaginables, avec une panoplie de cylindrées, d'options, voire de sur-mesure à faire pâlir TOUS les autres constructeurs, oui tous sans exception, y compris Ferrari, Rolls, Porsche, Lexus, etc. Car ces noms sont cantonnés à une seule cible : le haut du panier ou la course.

En revanche, Mercedes a toujours proposé une gamme complète de la petite à la grande voiture. À chacun sa stratégie !



Mercedes 450 SEL 6.9 devant les roches Tuillière et Sanadoire (Puy de Dôme)
Mercedes 450 SEL 6.9 devant les roches Tuillière et Sanadoire (Puy-de-Dôme 63)

Innovations à la pelle

Qu'a-t-elle donc d'extraordinaire, cette limousine athlétique ?

A l'instar des autres Mercedes W116, elle a initié tout ce qu'on trouve sur les véhicules "modernes", bien souvent en mieux (plus costaud en tout cas) !
De ce fait et contrairement à la majorité des anciennes qui pavanent sur les salons, bourses et courses historiques, elle ne craint pas les pannes ni les kilomètres, ni les "bolides" à grandes jantes et gros pots dont elle ne fait qu'une bouchée, aujourd'hui encore...

La Mercedes 6.9 cumulait en mai 1975 une somme de nouveautés dont la liste est longue :

  • moteur V8 M100.985 à carter sec, évolution du M100 de la Mercedes 600 et 300 SEL 6.3. L'alésage de la 6.3 fut porté de 103 à 107mm, la course étant maintenue à 95mm(*). Mais la place sous le capot étant moins haute par rapport au type W109, il fallu réduire le carter pour que le M100 rentre sous le capot d'une W116 ! D'où le fameux carter sec à réservoir d'huile séparé, qui autorise la conduite 'sportive' sans souci de graissage (évite aussi d'emporter un bidon d'huile en vacances)
  • suspension hydro-pneumatique unique à ce modèle (système optionel sur 450 SEL et ensuite repris sur W126 380SEL et 500SEL)
  • système d'injection mécanique Bosch KA en continu (K) et sans entraînement (A) de la pompe d'injection, car c'est la pompe à essence qui fait le travail en continu (repris sur les W123 et W126 et d'innombrables modèles courants ou non)
  • allumage transistorisé sans contact
  • poussoirs hydrauliques supprimant le contrôle du jeu des soupapes
  • boîte automatique avec convertisseur de couple à 3 vitesses renforcée (à partir de celle de la 450 SE) modèle W 3 B 050 type 722.003
  • pont arrière différentiel à glissement limité (auto-bloquant) de rapport 2,65 (45:17 dents), repris sur les 560 SEL et SEC
  • train avant du prototype C111 (comme toute W116)
  • essieu arrière oscillant en diagonale à système de compensation du couple de démarrage (déjà existant sur les 450 SE SEL SL SLC)
  • maître-cylindre tandem étagé pour répondre aux nouvelles normes de freinage en 1975
  • cellule de sécurité passive (le réservoir d'essence vient se cacher entre le coffre et les sièges arrière, etc.)
  • phares avant passant de la verticale à l'horizontale (avec anti-brouillards), signe de modernité chez MB car depuis pas de changement !
  • feux arrières très visibles et anti-salissure (rainures profondes comme sur le type W107, elles rétréciront après)
  • de nombreuses pièces sont renforcées et diffèrent par rapport au type W116 (tablier, direction assistée, climatiseur, démarreur, alternateur, etc.) malheureusement la facture s'en ressent, e.g. démarreur à 800e, etc.

(*) Notez que c'est l'autre solution qui fut adoptée pour 'monter' du 350 au 450 : sur le M116 de 3499cm3 pour passer au M117 de 4520cm3 la course augmente de 65,8mm à 85mm mais l'alésage reste à 92mm. Il en fut ensuite de même pour passer du M117 en alliage de la 500 à la 560... Tous ces moteurs M100 M116 et M117 sont des V8 supercarrés (alésage supérieur à la course).

Made in 1975

Toutes ces 'nouveautés' sont pour la plupart banalisées et gadgétisées à bas prix sur les berlines actuelles. Elles faisaient de la 6.9 des années soixante-dix une limousine d'avant-garde. On peut même affirmer que toutes les innovations qu'elle portait sont devenues une norme. Et sur les points cruciaux comme le moteur, la suspension, l'espace intérieur et les matériaux nobles, elle reste aujourd'hui bien "dans le vent".

Un condensé de ce qui se faisait de meilleur et fiable à l'époque... donc rien à voir avec ce qui se fait aujourd'hui en masse et plastifié à outrance ! La W116 a définitivement posé les jalons de la voiture "moderne". De nos jours la réduction des coûts et de la consommation sont un prétexte à tous les excès voire même défauts. Même les Mercedes d'aujourd'hui font bien pâle figure par rapport aux ancêtres.

Les progrès automobiles réalisés depuis ont porté certes sur la sécurité, la perte de poids, l'électronique, mais sans apport majeur sur le confort de conduite. Mais avec des matériaux communs (plastification).

Ne parlons pas de la ligne des voitures modernes, numérisées sans aucun "coup de crayon". On ne choisit plus, on 'intègre des paramètres' pour mieux vendre. Et sortent pèle-mêle par l'imprimante les voitures les plus moches jamais produites, qui s'apparentent d'ailleurs plus à des utilitaires qu'à des voitures (exemples : Mercedes classe B ou ML, Peugeot 3008, Jag-Rover, etc.).

Mais je m'égare. Reprenons :

La puissance fiscale de la Mercedes 450 SEL 6.9 est de 39cv. Puissance réelle DIN 286cv à 4250 tr/mn pour la version Europe (disponible à l'embrayage avec tous les accessoires dont le compresseur de climatisation). On peut donc rajouter 30cv pour obtenir la puissance SAE, soit plus de 300cv. La version US "dépolluée" se contente de 250cv SAE (taux de compression moindre de 8 au lieu de 8,8)

Mais le plus remarquable côté moteur, c'est le couple de 549 N.m (56m.kg) obtenu à 3000tr/mn (à 140 km/h compteur) sans turbo ni compresseur... Je vous laisse imaginer ce qui peut se passer sur l'autoroute vers 140km/h, quand les petits chevaux électroniques commencent à patiner dans la semoule. Le "deuxième moteur" entre en action avec 4 + 4 cylindres.



OOOO
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Juste deux chiffres pour fixer les idées : 12L d'huile moteur et 16L de liquide de refroidissement...

La consommation en essence, sans être économique, reste modérée : 16 à 17L à l'année (en moyenne mobile) ! Comparez aux autres V8 à carburateurs de l'époque comme Mustang, Jaguar et autres Rolls...

La plus GROSSE CONNERIE qu'on lit sur la 6.9, récurrente dans les revues d'anciennes et même sur les forum de 'passionnés', c'est qu'une "6.9 est un gouffre de consommation" ("pas moins de 20L/100", etc.) ! Avec 16.5L/100km à l'année (tous styles de conduite confondus ville-campagne-autoroute et même le garage, c'est là où on consomme le plus...), je suis très loin de partager ce point de vue.

Tout d'abord, s'agissant du plus gros bloc que l'on puisse croiser sur l'autoroute (laissons de côté les "avant-guerre" à gros cube), il faut réaliser que le M100 est très sobre si on le compare aux Rolls ou Mustang à carburateurs. L'Injection mécanique K y est pour beaucoup.

Ensuite, bien plus intéressant que le simple calcul de consommation, est le coût d'usage : le coût complet d'utilisation sur plusieurs années par exemple. Sur une ancienne il peut s'avèrer moindre que sur une moderne en plastique -en supposant qu'une remise a neuf a été effectuée.

Enfin, depuis le scandale VolksWagen, on se doute que la consommation qui s'affiche sur les tableaux de bord, c'est de la xxxnerie ! Calculez votre conso entre deux pleins avec le convertisseur km/h mpg

Suite sur la consommation page Conduite

Bref, un véhicule nettement plus fiable qu'une limousine moderne (moins de 'trucs qui pètent'), pour un plaisir inquantifiable.

Options

Les premières six-litre-neuf étaient livrées de série en France avec les options les plus courantes des W116 en 1975 :

Mercedes 450 SEL 6.9
  • Boîte de vitesses automatique à 3 rapports avec convertisseur de couple
  • Différentiel à glissement limité
  • Tempomat (contrôle de vitesse automatique)
  • Compte-tours
  • Verres teintés avec lunette AR chauffante teintée TRIPLEX
  • Lève-glaces électriques AV et AR
  • Essuie-glaces de phares (voir plus bas la photo du moteur)
  • Verrouillage central avec serrure de boîte à gants
  • climatisation (manuelle, devenue automatique en option en 1978)
  • Jantes alliage léger (avec un petit Fuchs='renard' gravé, prononcez fouks...)
  • Pneumatiques de série 215/70 VR 14 (Michelin)
  • Rétroviseur extérieur droit réglable de l'intérieur
  • Peinture métallisée unicolore
  • Têtières AV et AR
  • Ceintures à enrouleur automatique AV et AR (à 3 points)
  • Accoudoir escamotable AV
  • Capitonnage velours ou cuir sans supplément de prix (en France)
  • Filets à bagages au dossier de sièges AV
  • Radio Becker Monza avec 4 haut-parleurs, PO - GO - FM lecteur de cassettes stéréo
  • Antenne automatique
  • Batterie à plus forte capacité et alternateur renforcé
  • etc.

Remarque : jantes alu, autoradio et antenne pouvaient être "minorées" (pour non fourniture) du prix de vente de 185 000FF TTC en 1975 (au tarif option du catalogue) !

Bizarreté : les versions "France" étaient livrées avec force options au début, tandis qu'ailleurs ce n'était pas forcément le cas. Suivant que vous achetiez une exécution standard France en "francs" ou en "deutschmark", le capitonnage cuir devenait une option payante de 300 D.M. (en 1975)

De plus, le jeu des options a évolué dans le temps. En 1979, les jantes alu redevenaient une option 64/0 ! De même que le rétroviseur à droite 50/2...

Une 6 LITRES 9 ressemble donc beaucoup à une autre six-litre-neuf, ce qui n'était alors pas la règle chez Mercedes qui privilégiait, comme chacun sait, le système "modèle de base nu" + options. Vous achetiez alors principalement un châssis, un moteur, et pas grand'chose d'autre ! Par exemple le rétroviseur droit Mercedes est resté une option jusque dans les années quatre-vingt (sauf breaks)... Remarquez qu'avant-guerre, vous achetiez aux constructeurs des châssis quasi-nus. MB maintenait donc la grande tradition.

Or sur la 6.9, toutes les principales options étaient livrées de série. Les 6.9 ont donc toutes un même "air de famille" qui les réunit, au contraire d'autres modèles Mercedes haut-de-gamme comme la 600 qui sont fortement différenciées, etc. Ce détail précurseur annonçait ce qui se fait aujourd'hui en mode vulgaire (le "plein d'options svp").

Il restait finalement peu d'options ou accessoires courants à ajouter :

  • la séparation vitrée conducteur (entre le chauffeur et les passagers de rang)
  • le toit ouvrant électrique
  • Radio BECKER Mexico
  • téléphone de voiture Becker AT 160 S ou TeKaDe BSA 22
  • fanfare électrique 2 tons
  • sièges électriques et/ou chauffants, renforcés, surbaissés, dossier orthopédique, etc.
  • chauffage additionnel WEBASTO (avec préchauffage du moteur et habitacle pour telle heure par mini-chaudière à essence)
  • banquette arrière électrique
  • liseuses à l'arrière
  • rideaux (portes et lunette arrière)
  • suppression des sigles sur la malle arrière (gratuit...)
  • attelage remorque
  • porte skis
  • extincteur
  • boîte de premiers secours
  • jeu de 7 valises
  • etc.

Attention car chez MB, on peut très difficilement faire le tour complet des options et accessoires. Au-delà des options cataloguées (qui changeait d'année en année) règne le sur-mesure où tout est possible ! On peut donc trouver toutes sortes d'exotismes suivant la destination, le propriétaire, l'année... C'est l'apanage d'une vraie marque de luxe. Un bar, un frigo, des boiseries, des habillages de porte tout cuir, une sono spéciale, un compteur en miles, des couleurs hors catalogue...

Deux générations de 6.9

Malgré l'apparente continuité de ce modèle, on peut considérer qu'il y a eu deux 'générations' mécaniques de 6.9 : fonte ou alliage

En effet, les premières 6.9 étaient, au niveau des accessoires mécaniques du moteur, TOUT FONTE. Le moteur M100.985 reprenait tels quels les accessoires du M100.981 de la Mercedes 300 SEL 6.3 (sauf l'injection très différente). Puis se sont généralisés les accessoires en alliage léger :

point bleu  La pompe à eau en FONTE passe à l'alliage léger (cf Réparation)
point bleu  La tête d'injection KA BOSCH de fonte passe à l'alliage
point bleu  L'aimant de démarrage à chaud BOSCH des débuts de l'injection KA est supprimé (chose bête car une 6.9 des débuts démarre toujours au quart de tour à froid comme à chaud)
point bleu  La pompe-réservoir de direction assistée VICKERS en fonte passe au métal léger ZF

Plus 'grave' : les débuts malheureux de la dépollution !
La version US de la Mercedes 450 SEL 6.9 sortie en 1977 (avec vanne EGR, pot catalysé et charbons actifs) a "déteint" sur les versions EURO qui ont commencé à dépolluer (MB est discret là-dessus) (sur la dépollution lire Injection) :

point bleu  Le circuit à dépression du moteur est modifié (pas moyen de trouver les plans)
point bleu Le corps de papillon au fond de l'injection est changé (tuyau rouge déplacé = avance à l'allumage à l'accélération)
point bleu L'allumeur a changé et les valeurs de calage avec
point bleu  La ligne d'échappement qui était soudée devient emanchée et les embouts d'échappement ne sont plus droits et chromés mais coudés vers le bas pour répondre aux nouvelles normes...

En revanche, la finition des 6.9 a très peu changé en cinq ans (pourquoi changer ce qui est déjà abouti ?). La seule innovation visible apportée à la 6.9 fut l'habillage de la planche de bord en ronce de noyer (initialement en zebrano, critiqué par rapport aux Rolls et Jaguar)

point bleu L'ABS Bosch fut proposé en exclusivité mondiale sur ce modèle en octobre 1978 (en option 47/0) suivi par la BMW série 7 en décembre 1978, etc.

point bleu Le climatiseur automatique est apparu aussi en 1978 (?) (proposé en option 58/1)

On note quelques autres points mécaniques mineurs
point bleu Le régulateur de réchauffage (Warm Up Regulator WUR) qui était monté verticalement devient couché à l'horizontale
point bleu  Les couvre-culasse en alliage léger et peints en noir (depuis le début sauf prototype) changent de moule, très semblable mais plus anguleux

Et aussi de nouvelles teintes de carrosserie en 1979, les autoradios Becker qui changent de look vers 1977-79 (date ?), etc.

Mais pas de perfectionnement à proprement parler en cinq ans. D'ailleurs les W126 ont repris, pour les meilleures d'entre elles, toutes les fonctions déjà éprouvées 'tel quel' sans innover du tout sinon l'allègement généralisé (lire ci-dessous).

Le châssis de la six-litre-neuf, W116 dans le jargon interne Mercedes mérite une présentation historique.

Histoire de la Classe S W116

Je traduis ici la "bible" des Mercedes par Werner OSWALD

"Dénomination interne : type 116. La nouvelle classe S de Mercedes fut introduite en septembre 1972 avec les types 280S, 280 SE et 350 SE. Elle signifiait la même pierre blanche dans l'histoire de la Maison que la 220 S de 1959 (en termes stylistiques se suivent chez Daimler-Benz presque régulièrement une génération extraordinaire puis une avancée moindre). La classe S du type 116 en tous cas fut de classe absolument mondiale, aussi bien techniquement que stylistiquement."

(suite et fin) "D'un tel niveau, seules les anglaises Jaguar et les françaises Citroën purent, quoique dans une moindre mesure, lui donner la réplique. Les américaines restaient, que ce soit en conduite ou en sécurité, loin derrière (à prix moindre certes, mais sans pour autant rester aussi économiques à l'usage)."


NdT : ce constat très intéressant sur les modèles de rupture et de continuité correspond à la double personalité de la firme Daimler-Benz. Les Mercedes seraient les modèles avant-gardistes et innovants, tandis que les Benz représentent la continuité et la tradition qui perdure. La même configuration se retrouve chez PSA où Peugeot incarne la continuité et la tradition, tandis qu'à Citroën revient l'innovation !

On en déduit que les châssis précédents des sixties W108-109, à l'instar des suivants des eighties W126 sont des modèles de continuité (des Benz), tandis que le châssis W116 des seventies est un modèle de rupture (une Mercedes) ! Loin d'être une évidence pour tout le monde, mais ça l'est pourtant quand on dresse la liste des (vraies) nouveautés de chaque modèle.

Sur le châssis W116, ajoutons que le train avant fut largement inspiré du véhicule expérimental C111 testé à 335km/h.

Au niveau sécurité passive (préventive) et active (crash), la 280 SE reçu en 1972 le "Prix de la sécurité" par l'Association Française de la Presse Automobile.

Enfin, la 450 SE reçu en 1974 le "Prix de la voiture de l'année" par les journalistes de la presse automobile européenne.

Ce châssis W116 était donc la base idéale pour recevoir un gros moteur ! En tout cas soit dit en passant et n'en déplaise à certains, plus adapté que le châssis W109 pour recevoir le 6.3 (au niveau boîte automatique, train avant, sécurité, etc.).

Histoire de la Classe S de Mercedes-Benz Cliquez pour voir la video officielle (en allemand) sur la classe S depuis l'après-guerre (cliquez sur 'Historie' en bas)

C'est une chronologie des différentes classe S (et les crash-test + ABS sur la W116...)

Mercedes 450 SEL 6.9 devant le Ventoux
Mercedes 450 SEL 6.9 devant le Mont Ventoux en Provence (84 Vaucluse)


Née officiellement en mai 1975 ( ans), la 450 SEL 6.9 reprenait le flambeau de la 300 SEL 6.3, avec le même fameux moteur M100 réalésé. Ce M100 est fameux car conçu pour la Grande Mercedes 600 (en 1962)

La crise pétrolière aidant, en 1979 fut introduite la 500 SEL (W126036) qui remplaçait sur le papier (avec ce même 036) la 6.9 dans le haut-de-gamme Mercedes. D'autant plus que la 600 venait aussi d'être mise à la retraite. La 500 est certes aussi une très bonne voiture, mais qui ne joue pas dans la même cour. Au mieux, on reprit les systèmes tel-quels (suspension hydropneumatique sur option). Au pire, on allèga à fond (plastification, fiabilité douteuse...). Le moteur n'est qu'un bloc en alliage recopié des blocs-fonte des 450, sans innovation (sinon le honing des chambres = sans chemise). D'ailleurs pour tout dire, ils portent le même nom M117, ce qui crée une confusion inutile (leurs composants n'étant pas du tout interchangeables !).

L'introduction en 1985 de la 560SEL (W126039) fut certes glorieux, mais ne fit pas non plus oublier la 6.9. Le moteur M117 n'a guère changé, la course juste un peu rallongée. Les performances sont à peine supérieures à la 500 tandis que la consommation augmente. La gadgétisation était en marche (sièges à mémoire, électronique, raffinements mécaniques douteux, matériaux nobles avec surcoût).

Quant aux 12 cylindres de la 600 SEL (W140), ce fut plus un rêve qu'une réussite, le poids annihilant le progrès du moteur et l'électronique envahissante contrariant la fiabilité (encore plus aujourd'hui dans une optique de collection). Mais il permettait de renouer avec les V12 d'avant guerre, façon Maybach. Et de contrer la concurrence : BMW avec sa 850 CSI, elle aussi hélas une "bête à chagrin" pour le collectionneur ! puis Audi V8, etc.

En revanche, le département commercial enregistra des records de ventes, qui font des Mercedes W126 des voitures de luxe de grande série à la cote bien faible, eût égard aux services rendus. De ce point de vue, elles sont de bonnes affaires aujourd'hui car les pièces sont abondantes ! On peut rouler vite et bien, à moindre coût.

Bon, en cherchant bien, on trouve quand même dans les archives une 600 SEL Brabus 6.9 et même 7.3 (W140 elles aussi) ! Le V12 rugit certes plus fort que le V8, mais je ne pense pas que ces véhicules vieillissent bien. Personne ne m'a jamais chanté cette chanson en tout cas.

Bref, pas de vrai successeur à la Mercedes 6.9 jusqu'à nos jours... malgré d'illustres prédécesseurs (700K avant guerre, 600, 300 SE puis 300 SEL 6.3).

Autre publication qui permet de replacer la 6.9 dans son contexte de l'époque (en français)

L'Automobile spécial Salon 1975
"Mercedes pour économiquement fort
"Berline du haut de gamme, la Mercedes 450 SEL 6,9 L succède à la 6,3 L à une époque où l'on parle d'économie.

"Hormis le sigle 6.9 sur le couvercle du coffre arrière, rien ne différencie le nouveau modèle Mercedes de la 450 SEL. Pourtant, sous le capot trône un moteur, alimenté par injection, dont la cylindrée a été portée à 6 834 cm3. Il offre la bagatelle de 286 ch. Voiture haut de gamme, elle se voit équipée de roues en alliage léger forgé et de pneumatiques larges. Parmi les caractéristiques techniques et pour l'équipement, signalons un graissage du moteur par carter sec, une suspension hydropneumatique, un dispositif anti-cabrage et un différentiel autobloquant. Notons également l'air conditionné monté en série et une transmission automatique. À ceci ajoutons le "Tempomat" qui permet de circuler à vitesse constante sans action de la part du conducteur, appareillage fort pratique, en particulier sur autoroute.

"Le constructeur annonce 225 km/h et 7,4 secondes pour atteindre 100 km/h départ-arrêté. Francfort et Paris seont les deux premiers Salons internationaux pour cette berline de prestige. Son prix de vente en France : 185 000 F.
"(photo) 8 cylindres en V et un couple de 55m.kg à 3000 tr/mn, graissage à carter sec et 12 litres d'huile en circulation.
(photo) Seule différence avec la 450 SEL : le sigle 6,9 sur le coffre, des jantes spéciales et des pneumatiques plus larges."

Ce résumé de 1975 est correct. Les jantes en alliage qui étaient alors de série (puis sont devenues optionnelles) ! Apprécions également le titre moqueur sur les économies d'énergie, alors soudain à la mode avec la première crise pétrolière de 1973...

Rétromobile 2011

Mercedes 450 SEL 6.9 au salon Rétromobile 2011

La Mercedes 450 SEL 6.9 était en vedette à Paris au salon Rétromobile 2011
Voici le commentaire officiel de Daimler-Benz à cette occasion

"Milestone Cars at the Rétromobile 2011"
"(...) The Mercedes-Benz W 116 series was the first to be officially known as the S-Class. It appeared in 1975 as the flagship model 450 SEL 6.9, for many years the largest-displacement post-war passenger car produced by Mercedes-Benz and also the largest-displacement European saloon car. This model not only set standards in terms of cubic capacity: its performance figures, level of comfort, variety of appointments and the effortlessness with which it made long, high-speed journeys possible made it one of the best cars in the world.(...)"
source : mercedes-benz-classic.com

Traduction libre :
"Les voitures qui ont fait date au salon Rétromobile 2011" (février 2011 - 125e anniversaire de Mercedes-Benz le 29 janvier 1886)
"Les Mercedes série W116 furent les premières classe S officielles. En 1975 sortit la 450 SEL 6.9, modèle phare de la série, qui resta de longues années la plus grosse cylindrée de l'après-guerre produite par Mercedes-Benz, de même que parmi les limousines européennes. Ce modèle établit de nouveaux standards non seulement en termes de cylindrée, mais aussi de performance, de niveau de confort, de diversité d'utilisation et d'agrément avec lesquels on pouvait effectuer de longs voyages à grande vitesse. Tout ceci en fit l'une des meilleures voitures du monde."


"Fünf Jahre, von May 1975 bis Juni 1980, lief der 450 SEL 6.9 vom Sindelfinger Band, beachtliche 7380 Fahrzeuge entstanden. Wie der 300 SEL 6.3 hinterliess er zunächst ein Vakuum. Das Spitze 116036 Modell der Nachfole-S-Klasse W 126 war anfänglich der 500 SE, mit 240 PS merklich schwächer und technisch weit simpler. Und auch der 560 SEL ab 1985 mit seinen 300 PS hob sich von der Einsteiger-S-Klasse nur durch seinen Motor ab, nicht durch sein Fahrwerk. Letzlich fand der 450 SEL 6.9 eigentlich bis heute keinen würdigen Nachfolger, selbst eine S-Klasse mit prestigeträchtigem Zwölfzylinder ist konstruktiv nichts anderes als eine ebensolche mit Dieselmotor. Und der Maybach, ja der Maybach, der spielt eben in der Riege des einsteigen 600ers." (p. 53)
Alexander F. STORZ (2010)
Schrader-Typen-Chronik Mercedes-Benz S-Klasse Baureihe W 116
Motorbuch Verlag

Traduction libre :
"Cinq années durant, de mai 1975 à juin 1980, tombèrent des chaînes de Sindelfingenen 7380 exemplaires de la 450 SEL 6.9. Tout comme la 300 SEL 6.3, elle laissa un vide après elle. Le haut-de-gamme de la classe S qui suivit (W 126) fût dévolu au début à la 500 SE, qui avec 240 cv était nettement plus faible et techniquement plus simple. Même la 560 SEL à partir de 1985 n'a élargi la gamme S que par son moteur, pas par sa suspension. Finalement la 6.9 n'a trouvé jusqu'à aujourd'hui (2010) aucun successeur digne de ce nom. Même une classe S actuelle avec un prestigieux douze cylindre n'offre, de conception, rien de plus que la même classe S avec un moteur Diesel. Et la Maybach, oui la Maybach, joue simplement dans la cour des 600."


Je confirme : des prédécesseurs illustres, mais pas de successeur digne de ce nom à la 6.9 !

Notez qu'exista avant-guerre une Mercedes Typ S 680 à 6 cylindres de 6,8L et compresseur, dont une, carrossée par Saoutchik (parmi 142 produites), a gagné le concours d'élégance de Peeble Beach (Californie) en 2012.
Une autre Mercedes 680 S dans son jus après 84 ans dans une famille anglaise vient d'être vendue pour 2,8 million de livres, soit presque 3,5 millions d'euros...


Après-guerre, c'est la Mercedes 300 SEL 6.3 W109018 qui sera la Grande soeur de la 6.9 ! Une fameuse limousine qui marqua son temps. C'est elle qui inaugura le big block dans une caisses "standard" (mais peut-on qualifier de standard une 300 SEL W109016, qui était déjà un must... et aujourd'hui très rare). Ces autos sont qualifiées de "schizophrènes" par certains... mauvais conducteurs !

Souvent décrite comme plus brutale, la Mercedes 300 SEL 6.3 était plus légère, dotée d'un rapport plus court (2,82 au lieu de 2,65 pour la 6.9) et d'une boîte automatique 4 vitesses SANS CONVERTISSEUR DE COUPLE (juste un coupleur hydrocinétique). D'où conduite sportive de rigueur : pas de souplesse et claque dans le cul à l'accélération ! Avec ses pneus relativement fins (aux critères actuels) 195/70 14 elle cache bien son jeu...

Le convertisseur de couple, introduit dans les années soixante-dix, agit comme un amplificateur de couple à certains régimes (une 'boîte dans la boîte'), est beaucoup plus souple et autorise simplement 3 vitesses sur la 6.9 comme sur les autres W116 ou W107 (350 ou 450). La 3e s'enclenche dès 50km/H, mais vous pouvez rétrograder en seconde jusqu'à 120km/H, claque assurée !

Lisez bien les performances et vous verrez que si la 6.3 se comporte un peu mieux de 0 à 100 km/h (chose qu'ont remarqué tous les journalistes), l'avantage est à la 6.9 de 100 à 200 km/h (car plus de couple, amplifié par le nouveau convertisseur). Bientôt en ligne le rapport de test de l'Action Automobile n°225 (juillet-août 1979) où sont comparées Mercedes 300 SEL 6.3, 450 SEL 6.9 et 450 SLC 5.0.

Une Mercedes sans descendance

Mercedes classe S W112 W109 W116 W126 copyright Daimler AG

Le look des W116 et des W123 est tellement typique d'une "Mercedes" dans l'imagerie populaire, qu'on pourrait en faire une icône de la marque à mon avis. Mais pour de nombreux amateurs de Mercedes, elle est actuellement presque "trop" typique et banale pour en faire l'éloge. Mais les temps changent !

Comparez avec le type W126, la classe S suivante et très belle voiture aussi -je le dis d'autant plus facilement que j'ai possédé une 500-, mais dont la liste des vraies nouveautés est ridicule en comparaison des W116, juste cosmétique et essentiellement destinée à réduire la consommation (aérodynamisme et perte de poids + airbags), hélas souvent au détriment de la solidité et fiabilité.

En outre la classe S des années 80s est passée à la grande série.

Je ne prendrais qu'un seul exemple symptomatique de la cure de poids subie par la W116 pour devenir une W126 : le moteur des lavo-phares !

moteur_lavo-phare_1.jpg moteur_lavo-phare_w116.jpg moteur_lavo-phare_w126.jpg

Et oui, rien à voir comme vous pouvez le constater, 2X plus gros, 2X plus fort, 2X plus lourd et même rembobinable ! On compare ici un moteur de maquette à 10 balles (W126) avec un moteur de presse-purée (W116)(sans jeu de mot bien entendu). Il en va de même avec les moteurs de lève-vitre.

Dans le meilleur des cas, les W126 reprennent tels quels les systèmes déjà installés sur les W116, au pire ils sont plus compliqués et donc moins fiables. Autre exemple : le système de climatisation qui en s'automatisant dès 1978, est devenu une usine à gaz bien délicate à comprendre et réparer. Hélas, c'est le début de l'obsolescence programmée chez MB... (cf plus loin)

Pour vous en assurez, comparez aussi le manuel d'atelier des W116 vs W126. Le second est quasiment vide, puisque tout est copié. Phrase type du manuel : "Reportez-vous au type 116 déjà connu".

Les W126 en comparaison aux W116 : plus léger, plus de gadgets, une consommation à peine réduite et des coûts d'entretien supérieurs, par exemple avec les nouveaux blocs en alliage léger (avec un gros morceau du manuel consacré aux hélicoils...).

Un exemple pour fixer les idées : j'ai roulé 60000km sans problème avec un joint de culasse HS sur un 8 cylindres MB (500SE). Des compressions passaient dans le circuit de refroidissement depuis longtemps et l'huile moteur commençait à pisser sur l'autoroute. En revanche, le jour où je me suis décidé à réparer, catastrophe car une culasse était poreuse et surtout le bloc moteur en alliage léger était irréparable (des hélicoils avaient déjà été posés "à l'arrache"). Depuis je me méfie des blocs en alliage...

Je mettrais toutefois au crédit des W126 leur ligne avant avec leur capot plus long que les W116 (copié sur le plus beau capot Mercedes des 70s, celui en alliage du coupé SLC W107 + bien sûr auparavant des mythiques 300SL puis 190SL, etc.).

Les limousines W126 mesurent 5,16m contre 5,06m pour les W116, tandis qu'en largeur les W126 mesurent 1,82m contre 1,87m pour les W116. En résumé, les W116 sont plus larges et moins longues, donc plus massives que leurs descendantes W126 qui devraient sembler plus fines. Mais vu qu'à l'arrière c'est le contraire, le coffre plat des W116 est bien plus élégant, etc. Je n'insiste pas, De gustibus non est disputandum...

Comparez aussi avec une Citroën SM, très belle voiture certes mais sous-motorisée et pas très fiable ! Comparez avec ce que vous voulez, vous ne trouverez pas d'équivalent en Europe, ni ailleurs. Pour ceux que les V8 excitent, je signale juste que le M100 à simples arbres à cames en tête (350kg) n'a rien à voir avec tous les V8 américains à arbre à cames central (200kg) conçus par... Henri FORD lui-même avant-guerre ! Et d'ailleurs dans les années soixante-dix, fini la rigolade, ces pôvres V8 US étaient tous bridés pour dépolluer. C'est comme comparer un Tigre II avec un Sherman...

Même aujourd'hui de nombreux véhicules dits "haut-de-gamme" sont souvent bien plus classiques de conception que la 6.9. L'électronique n'apporte pas grand'chose si la base mécanique ne suit pas. Des moteurs gadgétisés et fragiles en alliage, des usines électriques sur roues ("bluemotion"), de l'électronique jetable (car irréparable) à foison, de vulgaires ressorts aux roues, du cuir traité et plastifié et trop fin, etc. + quelques gadgets modernes pour pouvoir vendre aux gogos sensibles au clinquant : de grandes jantes 19" à pneus synthétiques-qui-déchirent-vite, un gps 'grand écran', du confort électronique qui-ne-tient-pas, etc. etc. etc.

Tableau synthétique des grandes Mercedes

Comparaison n'est pas raison !
Voici cependant un petit tableau comparant les points mécaniques essentiels du haut-de-gamme Mercedes années 60 à 90 (en cours et non définitif, commentaires bienvenus) -sauf Mercedes 600 W100

Mercedes

300 SEL 6.3

450 SEL

450 SEL 6.9

500 SEL

560 SEL

600 SE/S600

type mine W109 W116033 W116036 W126036 série 1 W126039 série 2 W140
années 1965-1970 1972-1980 1975-1980 1979-1985 1985-1991 1991-1998
moteur en V OOOO
OOOO
OOOO
OOOO
OOOO
OOOO
OOOO
OOOO
OOOO
OOOO
OOOOO
OOOOO
cylindrée (cm3)

6.332

4.520

6.834

4.973

5.547

5.987
bloc fonte M100 fonte M117 fonte M100 alliage M117 alliage M117 alliage M120
poussoirs hydrauliques non non oui oui oui oui
masse à vide (kg)

1765

1755

1935

1655

1810

2190
suspension pneumatique ressorts
option hydro-pneumatique
hydro-pneumatique ressorts
option hydro-pneumatique
ressorts
option hydro-pneumatique pilotée
ressorts
option hydro-pneumatique pilotée
BVA avec convertisseur de couple non oui oui oui oui oui
électronique non injection non calculateur calculateur calculateur + injection
plastique non oui oui oui + oui + oui ++


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