I love 6.9
Essuie-glace moins cher !


La Mercedes 450 SEL 6.9

présentation

"La Mercedes 450 SEL 6.9 est impressionnante car elle ne fait rien pour impressionner" un possesseur allemand

La 6.9 est une voiture attachante car non-conforme. Sans jamais présenter de grave symptôme, elle a quelques traces schizophréniques... moteur, masse, suspension...

Née officiellement en mai 1975 ( ans), la 450 SEL 6.9 reprenait le flambeau de la 300 SEL 6.3, avec le même fameux moteur M100 réalésé. Ce M100 est fameux car conçu pour la Grande Mercedes 600 (en 1963).

Elle fait tâche d'huile dans la production Mercedes 1975 parce qu'elle adopte d'un côté le châssis et la carrosserie (presque) banale des Classe S W116 et de l'autre côté le gros V8 de la Grande 600 + la suspension hydropneumatique alors totalement nouvelle chez MB. Elle est donc à la croisée de tous les modèles Mercedes de l'époque. On pourrait même la classer en "limousine sportive".

Ce cocktail -un peu explosif- en fait une voiture d'exception et rare (7380 exemplaires) : une synthèse Daimler-Benz de 1975. Elle partage avec la 6.3 ce grain de folie qui la classe comme... inclassable -ou schizophrène. Mais les folies de ce genre gagnent fortement à être connues !

en bref : 2T x 5m x 286cv x 56mkg x hydro x XWX x confort x vitesse...

La 6 LITRE 9 une voiture inclassable ?

point bleu La grande finesse de cette voiture, c'est qu'elle paraît d'abord presque banale dans son châssis commun aux autres classe S de l'époque -les W116 sont chez MB 'officiellement' les premières classe S.

La plupart des gens confondent même la série 116 avec la série 123 (née en 1976), y compris certains propriétaires de Mercedes (faîtes le test) ! Il est vrai que, de loin, elles ont un peu la même bouille et que les "petites 123" ont repris le meilleur des "grandes 116". La 6.9 partage cet incognito avec la Mercedes 300 SEL 6.3 qu'on distinguait à peine des W108...

Il est vrai aussi que les Français conservent une image teutonique des Mercedes : une 'merco' quoi...

Or la subtilité chez MB, c'est que leur modèle de base avec la simple berline 200 représente déjà le Grand Luxe pour la majorité des constructeurs. Renault par exemple a rarement dépassé les 2.2l de cylindrée... Ensuite, la gamme MB s'étire vers des sommets quasi-inimaginables, avec une panoplie de cylindrées, d'options, voire de sur-mesure à faire pâlir TOUS les autres constructeurs, oui tous sans exception, y compris Ferrari, Rolls, Porsche, Lexus, etc. Car ces noms sont cantonnés à une seule cible : le haut du panier ou la course.

Bien au contraire, Mercedes a toujours proposé une gamme complète de la petite à la (très) grande voiture. À chacun sa stratégie !



Le châssis de la Classe S de l'époque W116 contenait un certain nombre d'innovations techniques comme le train avant emprunté au mythique prototype C111 (à ailes en papillon et jamais produit en série), le correcteur d'assiette, la fermeture centrale à dépression...

Quant aux moteurs, ils écrasaient littéralement la concurrence, commençant à 2.8 litres soit déjà hors de portée pour Renault, Citroën, Peugeot... qui ne dépassèrent jamais le V6 2.6 litres. Le V8 de la 350 SE avait-il quelqu'un en face ? Sans même parler du 450... Tous ces moteurs légendaires M110 (2.8L), M116 (3.5L) et M117 (4.5L) furent montés sur berline S ou SE, limousine SE L, cabriolet SL et coupé SL C...

point bleu La 6.9 partage de nombreux points avec les fameuses W116 mais les surclasse, comme les autres Mercedes à moteur M100 (Mercedes 600 et 300 SEL 6.3) ! C'est bien ce moteur qui fait la différence : encore plus puissant et coupleux que le M110, M116 et M117. Ce moteur extraordinaire dispose en outre sur la 6.9 d'un carter sec et en fait une quasi-automobile de course ! Pourtant se désoleront certains, il ne fut jamais monté sur le châssis W107, ce qui aurait donné naissance au 450 SL C 6.9...compteur et compte-tour de Mercedes 450 SEL 6.9 sur autoroute allemande

Ce moteur V8 super-carré n'était toutefois pas conçu pour la puissance -286hp DIN qui est presque réduite- mais pour le couple qui monte à 56m.kg, qui permet aussi bien de low-rider en ville, de foncer en côte, de lézarder en montagne, que de s'envoler sur autoroute (teutone...). Le tout sans dépasser 5000t/mn. Un limiteur de régime placé sur le doigt d'allumeur l'interdit. En pratique, on peut vérifier qu'il fonctionne... simplement en première ! Sur la photo ci-dessous, on voit un trait à 100km/h qu'on ne peut dépasser en première, puis 2 traits à 160km/h qu'on ne dépasse pas en seconde. En troisième on peut atteindre 250km/h mais en réel ça donne 235km/h environ... tout ceci sur autoroute teutonique, bien évidallemand...

Bref, la puissance dans le confort et la sécurité.

En sus des performances, sachez que c'est aussi un des derniers moteurs (ou le dernier ?) assemblé MANUELLEMENT chez Daimler-Benz. Jusqu'aux seventies, les arbres à came étaient usinés à la main.

Chaque moteur M100 subissait un test de 265mn (4H25mn) dont 40mn à plein régime ! Aujourd'hui il suffit d'écouter ronronner (ou rugir) ces vieux moteurs qui tournent comme des horloges pour comprendre le niveau de qualité qui était atteint.

point bleu Masse du véhicule : 1935kg dont 350kg rien que pour le moteur M100.985 là aussi record mondial y compris gros V8 américains (Mustang : 200kg). Le Tigre Royal comparé au Sherman...

Bien qu'elle dépasse les 5 mètres de longueur avec 5,06 mnotez que la 6.9 reste sous la barre des 2 tonnes.
Largeur : 1,87 m donc attention aux trottoirs, rond-points et autres ruelles...

point bleu L'autre détail "magique" de cette voiture, c'est la suspension hydro-pneumatique, empruntée aux grandes Citroën DS et SM mais certainement plus aboutie et indépendante du freinage, qui lui confère malgré son poids de presque 2T une souplesse de félin sur la route. Le poids, vous l'oubliez vite, sauf à la pompe et sur chaussée glissante -et encore, le différentiel à glissement limité autorise des fantaisies !



Mercedes 450 SEL 6.9 devant les roches Tuillière et Sanadoire (Puy de Dôme)
Mercedes 450 SEL 6.9 devant les roches Tuillière et Sanadoire (Puy-de-Dôme 63)

Innovations à la pelle

Qu'a-t-elle donc d'extraordinaire, cette limousine athlétique ?

A l'instar des autres Mercedes W116, elle a initié tout ce qu'on trouve sur les véhicules "modernes", bien souvent en mieux (plus costaud en tout cas) !
De ce fait et contrairement à la majorité des anciennes qui pavanent sur les salons, bourses et courses historiques, elle ne craint pas les pannes ni les kilomètres, ni les "bolides" à grandes jantes et gros pots dont elle ne fait qu'une bouchée, aujourd'hui encore...

La Mercedes 6.9 cumulait en mai 1975 une somme de nouveautés mécaniques des années 70s dont la liste est longue :

  • moteur V8 M100.985 à carter sec, évolution du M100 de la Mercedes 600 et 300 SEL 6.3. L'alésage de la 6.3 fut porté de 103 à 107mm, la course étant maintenue à 95mm(*). Mais la place sous le capot étant moins haute par rapport au type W109, il fallu réduire le carter pour que le M100 rentre sous le capot d'une W116 ! D'où le fameux carter sec à réservoir d'huile séparé, qui autorise la conduite 'sportive' sans souci de graissage (évite aussi d'emporter un bidon d'huile en vacances)
  • suspension hydro-pneumatique unique à ce modèle (système optionel sur 450 SEL et ensuite repris sur W126 380SEL et 500SEL)
  • système d'injection mécanique Bosch KA alors totalement nouveau (repris sur les W123 et W126 et d'innombrables modèles)
  • allumage transistorisé sans contact
  • poussoirs hydrauliques supprimant le contrôle du jeu des soupapes
  • boîte automatique avec convertisseur de couple à 3 vitesses renforcée (à partir de celle de la 450 SE) modèle W 3 B 050 type 722.003
  • pont arrière différentiel à glissement limité (auto-bloquant) de rapport 2,65 (45:17 dents)
  • train avant du prototype C111 (comme toute W116)
  • essieu arrière oscillant en diagonale à système de compensation du couple de démarrage (déjà existant sur les 450 SE SEL SL SLC)
  • maître-cylindre tandem étagé pour répondre aux nouvelles normes de freinage en 1975
  • cellule de sécurité passive (le réservoir d'essence vient se cacher entre le coffre et les sièges arrière, etc.)
  • phares avant passant de la verticale à l'horizontale (avec anti-brouillards), signe de modernité chez MB car depuis pas de changement !
  • feux arrières très visibles et anti-salissure (rainures profondes comme sur le type W107)
  • de nombreuses pièces sont renforcées et diffèrent par rapport au type W116 (tablier, direction assistée, climatiseur, démarreur, alternateur, etc.) malheureusement la facture s'en ressent, e.g. démarreur à 800e, etc.

(*) Notez que c'est l'autre solution qui fut adoptée pour 'monter' du 350 au 450 : sur le M116 de 3499cm3 pour passer au M117 de 4520cm3 la course augmente de 65,8mm à 85mm mais l'alésage reste à 92mm. Il en fut ensuite de même pour passer du M117 en alliage de la 500 à la 560... Tous ces moteurs : M100 M116 et M117 sont des V8 supercarrés (alésage supérieur à la course).

Made in 1975

Toutes ces 'nouveautés' peuvent paraître aujourd'hui banales. Mais elles faisaient de la Mercedes 6.9 des années soixante-dix une limousine d'avant-garde. Pour la plupart des constructeurs, elles devinrent des objectifs, gadgétisés à bas prix sur les berlines actuelles.

On peut même affirmer que toutes ces innovations sont devenues des normes. La 6.9 reste donc aujourd'hui bien "dans le vent", avec en plus des éléments cruciaux comme le moteur, la suspension, l'espace intérieur et les matériaux nobles. Qui eux n'ont pas été repris et pour cause : coût !

La 6.9 est un condensé de ce qui se faisait de meilleur et fiable à l'époque... donc rien à voir avec ce qui se fait aujourd'hui en masse ! La W116 a définitivement posé les jalons de la voiture "moderne". De nos jours la réduction des coûts et de la consommation sont un prétexte à tous les excès et défauts. Même les Mercedes d'aujourd'hui font bien pâle figure par rapport à ces ancêtres.

Les 'progrès automobiles' réalisés depuis ont porté sur la sécurité, la perte de poids, l'électronique, mais sans apport majeur mécanique, ni sur le confort de conduite. Le tout avec des matériaux communs (plastification).

N'évoquons pas la ligne des voitures modernes, numérisées sans aucun "coup de crayon". On ne choisit plus, on 'intègre des paramètres' pour mieux vendre. Et sortent pèle-mêle crachés par l'imprimante les voitures les plus moches et débiles jamais produites, qui s'apparentent d'ailleurs plus à des utilitaires qu'à des voitures (exemples 2017 : Mercedes classe B ou ML, Peugeot 3008, Jag-Rover, etc.).

Mais je m'égare. Reprenons :

La puissance fiscale de la Mercedes 450 SEL 6.9 est de 39cv. Puissance réelle DIN 286cv à 4250 tr/mn pour la version Europe (disponible à l'embrayage avec tous les accessoires dont le compresseur de climatisation). On peut donc rajouter 30cv pour obtenir la puissance SAE, soit plus de 300cv. La version US "dépolluée" se contente de 250cv SAE (taux de compression moindre de 8 au lieu de 8,8)

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Mais le plus remarquable côté moteur, c'est le couple de 549 N.m (56m.kg) obtenu à 3000tr/mn (à 140 km/h compteur) sans turbo ni compresseur... Je vous laisse imaginer ce qui peut se passer sur l'autoroute vers 140km/h, quand les petits chevaux électroniques commencent à patiner dans la semoule. Le "deuxième moteur" entre en action avec 4 + 4 cylindres avec ce couple maximum...

Deux chiffres pour fixer les idées : 12L d'huile moteur et 16L de liquide de refroidissement...

La consommation en essence, sans être économique, reste modérée : 16 à 17L à l'année (en moyenne mobile). Comparez aux autres V8 à carburateurs de l'époque comme Mustang, Jaguar et autres Rolls... Comparez au 'haut-de-gamme' français : la Peugeot 604 à V6 en alliage 2.6l à carburateurs. Elle atteignait 179km/h et consommait 10 litres... à 75km/h, mais 15,45 litres à 132km/h (tests sur 200km par l'Auto-Journal 1976). Ceci juste comme repère car pour être honnête, il vaudrait mieux comparer à une 280 S à carbus.

La plus GROSSE CONNERIE qu'on lit sur la 6.9, récurrente dans les revues d'anciennes et même sur les forum de 'passionnés', c'est qu'une "6.9 est un gouffre de consommation" ("pas moins de 20L/100", etc.) ! Avec 16.5L/100km à l'année (tous styles de conduite confondus ville-campagne-autoroute et même le garage, c'est là où on consomme le plus...), je suis très loin de partager ce point de vue.

S'agissant du plus gros bloc que l'on puisse croiser sur les autoroutes européennes, il faut réaliser que le M100 reste sobre si on le compare aux moteurs à carburateurs. L'Injection mécanique K y est pour beaucoup.

Ensuite, le coût d'usage est plus intéressant que le simple calcul de consommation : le coût complet d'utilisation sur plusieurs années. Sur une ancienne, il peut s'avèrer moindre que sur une moderne en plastique -en supposant qu'elle a été restaurée.

Enfin, depuis le scandale VolksWagen, on se doute que la consommation qui s'affiche sur les tableaux de bord, c'est du pipeau ! Calculez votre conso entre deux pleins avec le convertisseur km/h mpg

Suite sur la consommation page Conduite

Bref, un véhicule nettement plus fiable qu'une limousine moderne (moins de 'trucs qui pètent'), pour un plaisir inquantifiable.

Options

Les premières six-litre-neuf étaient livrées de série en France avec toutes les options les plus courantes des W116 en 1975.

De ce fait, les 6.9 ont toutes ce même "air de famille". Ce détail précurseur annonçait ce qui se fait aujourd'hui en mode vulgaire (le "plein d'options svp").

Mercedes 450 SEL 6.9
  • Boîte de vitesses automatique à 3 rapports avec convertisseur de couple
  • Différentiel à glissement limité
  • Tempomat (contrôle de vitesse automatique)
  • Compte-tours
  • Verres teintés avec lunette AR chauffante teintée TRIPLEX
  • Lève-glaces électriques AV et AR
  • Essuie-glaces de phares (voir plus bas la photo du moteur)
  • Verrouillage central avec serrure de boîte à gants
  • climatisation (manuelle, devenue automatique en option en 1978)
  • Jantes alliage léger (avec un petit Fuchs='renard' gravé, prononcez fouks...)
  • Pneumatiques de série 215/70 VR 14 (Michelin)
  • Rétroviseur extérieur droit réglable de l'intérieur
  • Peinture métallisée unicolore
  • Têtières AV et AR
  • Ceintures à enrouleur automatique AV et AR (à 3 points)
  • Accoudoir escamotable AV
  • Capitonnage velours ou cuir sans supplément de prix (en France)
  • Filets à bagages au dossier de sièges AV
  • Radio Becker Monza avec 4 haut-parleurs, PO - GO - FM lecteur de cassettes stéréo
  • Antenne automatique
  • Batterie à plus forte capacité et alternateur renforcé
  • etc.

Remarque : jantes alu, autoradio et antenne pouvaient être "minorées" (pour non fourniture) du prix de vente de 185 000FF TTC en 1975 (au tarif option du catalogue) !

Bizarreté : les versions premières "France" étaient livrées avec force options, tandis qu'ailleurs ce n'était pas forcément le cas. Suivant que vous achetiez une exécution standard France en "francs" ou en "deutschmark", le capitonnage cuir devenait une option payante de 300 D.M. (en 1975)

De plus, le jeu des options a évolué dans le temps. En France en 1979, les jantes alu redevenaient une option 64/0 ! De même que le rétroviseur à droite 50/2...

Vu que toutes les principales options étaient déjà montées de série, une 6 LITRES 9 ressemble beaucoup à une autre six-litre-neuf. MB maintenait la grande tradition d'avant-guerre, quand vous achetiez aux constructeurs un moteur et un châssis nu. Vous achetiez alors principalement un châssis, un moteur, et pas grand'chose d'autre ! Par exemple le rétroviseur droit Mercedes est resté une option jusque dans les années quatre-vingt (sauf breaks)... Ainsi, les W123 conservent toutes la touche personnelle de leur premier propriétaire, en haut-de-gamme les 600 sont fortement différenciées, etc.

Il restait très peu d'options ou accessoires à ajouter :

  • la séparation vitrée conducteur (entre le chauffeur et les passagers de rang)
  • le toit ouvrant électrique
  • Radio BECKER Mexico (prix de vente 1976 : 4 500 FF)
  • téléphone de voiture Becker AT 160 S ou TeKaDe BSA 22
  • fanfare électrique 2 tons (un normal et un plus fort). Le plus souvent les clients montèrent des fanfares à trompe + compresseur comme Marchal
  • sièges électriques et/ou chauffants, renforcés, surbaissés, dossier orthopédique, etc.
  • chauffage additionnel WEBASTO (avec préchauffage du moteur et habitacle pour telle heure par mini-chaudière à essence)
  • banquette arrière électrique
  • liseuses à l'arrière
  • rideaux (portes et lunette arrière)
  • suppression des sigles sur la malle arrière (gratuit!)
  • attelage remorque
  • porte skis
  • extincteur
  • boîte de premiers secours
  • jeu de 7 valises
  • etc.

Attention car chez MB, on peut très difficilement faire le tour complet des options et accessoires. Au-delà des options cataloguées (qui changeait d'année en année) règne le sur-mesure où tout est possible ! On peut donc trouver toutes sortes d'exotismes suivant la destination, le propriétaire, l'année... C'est l'apanage d'une vraie marque de luxe. Un bar, un frigo, des boiseries, des habillages de porte tout cuir, une sono spéciale, un compteur en miles, des couleurs hors catalogue...

Deux générations de 6.9

Malgré la continuité apparente de ce modèle, on peut distinguer deux 'générations mécaniques' de 6.9 : fonte ou alliage

Autrement dit : moteur atmosphérique 'au top' vs 'dépollué'.

Les premières 6.9 étaient, au niveau des accessoires mécaniques du moteur, TOUT FONTE. Le moteur M100.985 reprenait tels quels les accessoires du M100.981 de la Mercedes 300 SEL 6.3 (sauf l'injection très différente sans pompe). Puis se sont généralisés les accessoires en alliage léger :

point bleu  La pompe à eau en FONTE passe à l'alliage léger (cf Réparation)
point bleu  La tête d'injection KA BOSCH de fonte passe à l'alliage
point bleu  L'aimant de démarrage à chaud BOSCH des débuts de l'injection KA est supprimé (chose bête car une 6.9 des débuts démarre toujours au quart de tour à froid comme à chaud)
point bleu  La pompe-réservoir de direction assistée VICKERS en fonte passe au métal léger ZF

Plus 'grave' : les débuts de la dépollution !
La version US de la Mercedes 450 SEL 6.9 sortie en 1977 (avec vanne EGR, pot catalysé et charbons actifs) a "déteint" sur les versions EURO qui ont commencé à dépolluer (MB est discret là-dessus) (sur la dépollution lire Injection) :

point bleu Le circuit à dépression du moteur est modifié (pas moyen de trouver les plans)
point bleu Le corps de papillon au fond de l'injection est changé (tuyau rouge déplacé = avance à l'allumage à l'accélération)
point bleu L'allumeur a changé et les valeurs de calage avec
point bleu La ligne d'échappement qui était soudée devient emanchée et les embouts d'échappement ne sont plus droits et chromés mais coudés vers le bas pour répondre aux nouvelles normes...

En revanche, la finition des 6.9 a très peu changé en cinq ans (pourquoi changer ce qui est déjà abouti ?). La seule innovation visible apportée à la 6.9 fut l'habillage de la planche de bord en ronce de noyer (initialement en zebrano, critiqué par rapport aux Rolls et Jaguar)

point bleu L'ABS Bosch fut proposé en exclusivité mondiale sur ce modèle en octobre 1978 (en option 47/0) suivi par la BMW série 7 en décembre 1978, etc.

point bleu Le climatiseur automatique est apparu aussi en 1978 (?) (proposé en option 58/1)

On note quelques autres points mécaniques mineurs
point bleu Le régulateur de réchauffage (Warm Up Regulator WUR) qui était monté verticalement devient couché à l'horizontale
point bleu Les couvre-culasse en alliage léger et peints en noir (depuis le début sauf prototype) changent de moule, très semblable mais plus anguleux

Et aussi de nouvelles teintes de carrosserie en 1979, les autoradios Becker qui changent de look vers 1977-79 (date ?), etc.

Mais pas de perfectionnement à proprement parler en cinq ans. D'ailleurs les W126 ont repris, pour les meilleures d'entre elles, toutes les fonctions déjà éprouvées 'tel quel' sans innover du tout sinon l'allègement généralisé (lire ci-dessous).

Le châssis de la six-litre-neuf, W116 dans le jargon interne Mercedes mérite une présentation historique.

Histoire de la Classe S W116

Je traduis ici la "bible" des Mercedes par Werner OSWALD

"Dénomination interne : type 116. La nouvelle classe S de Mercedes fut introduite en septembre 1972 avec les types 280S, 280 SE et 350 SE. Elle signifiait la même pierre blanche dans l'histoire de la Maison que la 220 S de 1959 (en termes stylistiques se suivent chez Daimler-Benz presque régulièrement une génération extraordinaire puis une avancée moindre). La classe S du type 116 en tous cas fut de classe absolument mondiale, aussi bien techniquement que stylistiquement."

"D'un tel niveau, seules les anglaises Jaguar et les françaises Citroën purent, quoique dans une moindre mesure, lui donner la réplique. Les américaines restaient, que ce soit en conduite ou en sécurité, loin derrière (à prix moindre certes, mais sans pour autant rester aussi économiques à l'usage)."

NdT : constat très intéressant sur les modèles de rupture et de continuité correspond à la double personalité de la firme Daimler-Benz. Les Mercedes seraient les modèles avant-gardistes et innovants, tandis que les Benz représentent la continuité et la tradition qui perdure. La même configuration se retrouve chez PSA où Peugeot incarne la continuité et la tradition, tandis qu'à Citroën revient l'innovation !

On en déduit que les châssis précédents W108-109 des sixties, à l'instar des W126 des eighties sont des modèles de continuité (des Benz), tandis que le châssis W116 des seventies est un modèle de rupture (une Mercedes) ! Loin d'être une évidence pour tout le monde, mais ça l'est pourtant quand on dresse la liste des (vraies) nouveautés de chaque modèle.

Le train avant du châssis W116 fut repris du véhicule expérimental C111 testé à 335km/h.

Au niveau sécurité passive (préventive) et active (crash), la 280 SE reçu en 1972 le "Prix de la sécurité" par l'Association Française de la Presse Automobile.

La 450 SE reçu en 1974 le "Prix de la voiture de l'année" par les journalistes de la presse automobile européenne.

Ce châssis W116 était donc la base idéale pour recevoir un gros moteur ! Et, soit dit en passant, sans doute mieux adapté que le châssis W109 pour recevoir le 6.3 (manque de place, boîte automatique sans convertisseur, sécurité passive, etc.).

Histoire de la Classe S de Mercedes-Benz Cliquez pour voir la video officielle (en allemand) sur la classe S depuis l'après-guerre (cliquez sur 'Historie' en bas)

C'est une chronologie des différentes classe S (et les crash-test + ABS sur la W116...)

Match : W116 vs W126

Loin de vouloir diviser inutilement les amateurs Mercedes, ce chapitre peut juste informer les collectionneurs sur le potentiel et les qualités intrinsèques de deux générations de voitures au fond très attachantes : les classe S Mercedes des 70s et 80s. Tout ceci écrit d'autant plus facilement que j'ai personnellement possédé une 6.9 et une 500 SE...

O tempora O mores : le rétrécissement a commencé... après 1975 -qui fut donc la date pic de la société de consommation ! La liste des vraies nouveautés du type W126 est de fait ridicule en comparaison des W116 (par rapport aux W109). "Nouveautés" cosmétiques sont essentiellement destinées à réduire la consommation (aérodynamisme et perte de poids + airbags), hélas souvent au détriment de la solidité et fiabilité et "réparabilité".

La classe S des années 80s était au fond passée à la grande série.

Je ne prendrais qu'un seul exemple symptomatique de la cure de poids subie par la W116 pour devenir une W126 : le moteur des lavo-phares !

moteur_lavo-phare_1.jpg moteur_lavo-phare_w116.jpg moteur_lavo-phare_w126.jpg

Et oui, rien à voir comme vous pouvez le constater, 2X plus gros, 2X plus fort, 2X plus lourd et même rembobinable ! On compare ici un moteur de maquette à 10 balles (W126) avec un moteur de presse-purée (W116)(sans jeu de mot bien entendu). Il en va de même avec les moteurs de lève-vitre et plein d'autres accessoires.

Dans le meilleur des cas, les W126 reprennent tels quels les systèmes déjà installés sur les W116, au pire ils sont plus compliqués et donc moins fiables. Exemple : le système de climatisation qui, en s'automatisant dès 1978, est devenu une usine à gaz bien délicate à comprendre et réparer. Hélas, c'est le début de l'obsolescence programmée chez MB...

Pour vous en assurez, comparez simplement le manuel d'atelier des W116 vs W126. Le second est quasiment vide puisque tout est recopié. Phrase type du manuel : "Reportez-vous au type 116 déjà connu". Seul très long paragraphe : réparation des joints de culasse aux hélicoils, car en dévissant des vis acier dans de l'aluminium on dégrade le filetage qui doit être refait aux filets rapportés -en cause sachez-le : l'électrolyse entre ces 2 métaux qui font pile électrique au détriment... du bloc alu. Autre chapitre lui intéressant sur le honing des cylindres (sans chemise) et dont la surface est devient très dure -aux cristaux de silice.

Las, en devenant alliage, le moteur a perdu les "qualités Mercedes" qui faisaient sa réputation : inusabilité et réparabilité !

Pour fixer les idées : j'ai roulé 60000km sans problème avec un joint de culasse HS sur un 8 cylindres MB (500SE). Des compressions passaient dans le circuit de refroidissement depuis longtemps et l'huile moteur commençait à pisser sur l'autoroute. En revanche, le jour où je me suis décidé à réparer, catastrophe car une culasse était HS et surtout le bloc moteur en alliage léger était devenu quasi-irréparable -des hélicoils avaient déjà été posés "à l'arrache". Depuis je me méfie comme de la peste des blocs en alliage...

En revanche, le département commercial MB enregistra des records de ventes, qui font des Mercedes W126 des voitures de luxe de grande série à la cote bien faible, eût égard aux services rendus. De ce point de vue, ce sont de bonnes affaires aujourd'hui (2019) car les pièces et épaves sont abondantes, tandis que les pièces neuves viennent de la grand série = prix moindre ! On peut ainsi rouler vite et bien à moindre coût. Plus léger, plus de gadgets et une consommation légèrement réduite : parfait pour débuter en classe S !

Mercedes classe S W112 W109 W116 W126 copyright Daimler AG
Le haut-de-gamme Mercedes des 60s aux 80s : W112 W109 W116 W126 (de gauche à droite)

Au niveau du style, mettons au crédit des W126 leur ligne avant élégante avec leur capot plus long que les W116 (inspiré sans doute du plus beau capot Mercedes des 70s, celui en alliage du coupé SLC W107 lui-même issu des mythiques 300SL puis 190SL, etc.).

Mais vu qu'à l'arrière c'est l'inverse, le coffre plat des W116 est bien plus fin que l'arrière rustaud trop haut des W126. La ligne de la voiture la plus massive s'en trouve singulièrement affinée.

Rappel : les limousines W126 mesurent 5,16m contre 5,06m pour les W116, tandis qu'en largeur les W126 mesurent 1,82m contre 1,87m pour les W116.

Les W116 sont plus larges et moins longues, donc plus massives que leurs descendantes W126 qui 'devraient' sembler plus fines. Mais ce n'est pas l'impression générale qu'on en tire. Je n'insiste pas, De gustibus non est disputandum...

Comparez aussi avec une Citroën SM, très belle voiture certes mais sous-motorisée et pas très fiable ! Comparez avec ce que vous voulez, vous ne trouverez pas d'équivalent en Europe, ni ailleurs. Pour ceux que les V8 excitent -comme moi-, je signale juste que le M100 à simples arbres à cames en tête (350kg) n'a rien à voir avec tous les V8 américains à arbre à cames central (200kg) conçus par... Henri FORD lui-même avant-guerre ! Et d'ailleurs dans les années soixante-dix, fini la rigolade, ces pôvres V8 US étaient tous bridés pour dépolluer. C'est comme comparer un Tigre II avec un Sherman...

Même aujourd'hui de nombreux véhicules dits "haut-de-gamme" sont souvent bien plus classiques de conception que la 6.9 ! L'électronique n'apporte pas grand'chose si la base mécanique ne suit pas. Des moteurs gadgétisés et fragiles en alliage, des usines électriques sur roues ("bluemotion"), de l'électronique jetable (car irréparable) à foison, de vulgaires ressorts aux roues, du cuir traité et plastifié et trop fin, etc. + quelques gadgets modernes pour pouvoir vendre aux gogos sensibles au clinquant : de grandes jantes 19" à pneus synthétiques-qui-déchirent-vite, un gps 'grand écran', du confort électronique qui-ne-tient-pas, etc. etc. etc.

Lisez la suite avec nos Conseils d'achat

dans la Presse

Mercedes 450 SEL 6.9 au salon Rétromobile 2011

La Mercedes 450 SEL 6.9 était en vedette à Paris au salon Rétromobile 2011. Commentaire officiel de Daimler-Benz :

"Milestone Cars at the Rétromobile 2011"
"(...) The Mercedes-Benz W 116 series was the first to be officially known as the S-Class. It appeared in 1975 as the flagship model 450 SEL 6.9, for many years the largest-displacement post-war passenger car produced by Mercedes-Benz and also the largest-displacement European saloon car. This model not only set standards in terms of cubic capacity: its performance figures, level of comfort, variety of appointments and the effortlessness with which it made long, high-speed journeys possible made it one of the best cars in the world.(...)"
source : mercedes-benz-classic.com

Traduction libre :
"Les voitures qui ont fait date au salon Rétromobile 2011" (février 2011 - 125e anniversaire de Mercedes-Benz le 29 janvier 1886)
"Les Mercedes série W116 furent les premières classe S officielles. En 1975 sortit la 450 SEL 6.9, modèle phare de la série, qui resta de longues années la plus grosse cylindrée de l'après-guerre produite par Mercedes-Benz, de même que parmi les limousines européennes. Ce modèle établit de nouveaux standards non seulement en termes de cylindrée, mais aussi de performance, de niveau de confort, de diversité d'utilisation et d'agrément avec lesquels on pouvait effectuer de longs voyages à grande vitesse. Tout ceci en fit l'une des meilleures voitures du monde."


"Fünf Jahre, von May 1975 bis Juni 1980, lief der 450 SEL 6.9 vom Sindelfinger Band, beachtliche 7380 Fahrzeuge entstanden. Wie der 300 SEL 6.3 hinterliess er zunächst ein Vakuum. Das Spitze 116036 Modell der Nachfole-S-Klasse W 126 war anfänglich der 500 SE, mit 240 PS merklich schwächer und technisch weit simpler. Und auch der 560 SEL ab 1985 mit seinen 300 PS hob sich von der Einsteiger-S-Klasse nur durch seinen Motor ab, nicht durch sein Fahrwerk. Letzlich fand der 450 SEL 6.9 eigentlich bis heute keinen würdigen Nachfolger, selbst eine S-Klasse mit prestigeträchtigem Zwölfzylinder ist konstruktiv nichts anderes als eine ebensolche mit Dieselmotor. Und der Maybach, ja der Maybach, der spielt eben in der Riege des einsteigen 600ers." (p. 53)
Alexander F. STORZ (2010)
Schrader-Typen-Chronik Mercedes-Benz S-Klasse Baureihe W 116
Motorbuch Verlag


Traduction libre :
"Cinq années durant, de mai 1975 à juin 1980, tombèrent des chaînes de Sindelfingenen 7380 exemplaires de la 450 SEL 6.9. Tout comme la 300 SEL 6.3, elle laissa un vide après elle. Le haut-de-gamme de la classe S qui suivit (W 126) fût dévolu au début à la 500 SE, qui avec 240 cv était nettement plus faible et techniquement plus simple. Même la 560 SEL à partir de 1985 n'a élargi la gamme S que par son moteur, pas par sa suspension. Finalement la 6.9 n'a trouvé jusqu'à aujourd'hui (2010) aucun successeur digne de ce nom. Même une classe S actuelle avec un prestigieux douze cylindre n'offre, de conception, rien de plus que la même classe S avec un moteur Diesel. Et la Maybach, oui la Maybach, joue simplement dans la cour des 600 d'entrée de gamme."


Confirmons : des prédécesseurs illustres, mais pas de successeur digne de ce nom à la 6.9 !

Autre publication qui permet de replacer la 6.9 dans son contexte de l'époque (en français)

L'Automobile spécial Salon 1975
"Mercedes pour économiquement fort
"Berline du haut de gamme, la Mercedes 450 SEL 6,9 L succède à la 6,3 L à une époque où l'on parle d'économie.

"Hormis le sigle 6.9 sur le couvercle du coffre arrière, rien ne différencie le nouveau modèle Mercedes de la 450 SEL. Pourtant, sous le capot trône un moteur, alimenté par injection, dont la cylindrée a été portée à 6 834 cm3. Il offre la bagatelle de 286 ch. Voiture haut de gamme, elle se voit équipée de roues en alliage léger forgé et de pneumatiques larges. Parmi les caractéristiques techniques et pour l'équipement, signalons un graissage du moteur par carter sec, une suspension hydropneumatique, un dispositif anti-cabrage et un différentiel autobloquant. Notons également l'air conditionné monté en série et une transmission automatique. À ceci ajoutons le "Tempomat" qui permet de circuler à vitesse constante sans action de la part du conducteur, appareillage fort pratique, en particulier sur autoroute.

"Le constructeur annonce 225 km/h et 7,4 secondes pour atteindre 100 km/h départ-arrêté. Francfort et Paris seont les deux premiers Salons internationaux pour cette berline de prestige. Son prix de vente en France : 185 000 F.
"(photo) 8 cylindres en V et un couple de 55m.kg à 3000 tr/mn, graissage à carter sec et 12 litres d'huile en circulation.
(photo) Seule différence avec la 450 SEL : le sigle 6,9 sur le coffre, des jantes spéciales et des pneumatiques plus larges."

Les jantes en alliage étaient alors effectivement de série (puis sont devenues optionnelles) ! Apprécions le titre moqueur sur les économies d'énergie, alors soudain à la mode avec la première crise pétrolière de 1973...

Petite histoire des "limousines sportives"

Les précédents Mercedes

Il exista avant-guerre une Mercedes Typ S 680 à 6 cylindres de 6,8L et compresseur, dont une, carrossée par Saoutchik (parmi 142 produites), a gagné le concours d'élégance de Peeble Beach (Californie) en 2012.
Une autre Mercedes 680 S dans son jus après 84 ans dans une famille anglaise vient d'être vendue pour 2,8 million de livres, soit presque 3,5 millions d'euros...
Etaient-ce des foudres de guerre ? je n'en sais rien. Mais 6.8 + compresseur surclasse déjà toute la production française de l'époque... L'ambiance automobile était alors issue de la course puisqu'on vendait des bolides... en gagnant des courses automobile ! L'idée du compresseur (entraîné par le moteur) était plus directe que le turbo (entraîné par les gaz d'échappement).


Après-guerre, c'est la Mercedes 300 SEL 6.3 [WDB109018] qui initiera cette nouvelle catégorie de voitures au tirage extrêmement limité en Europe : la "Limousine à Grande Vitesse" -voire sportive. On prend un châssis standard et on tâche d'installer un big block (mais peut-on qualifier de standard une base 300 SEL W109016, qui était déjà un must et aujourd'hui très rare). Ceci n'alla pas sans quelques frayeurs techniques (patinage, tenue de route...). Il fallu donc conserver la main avec une suspension digne de ce nom (pneumatique sur la 6.3, hydropneumatique sur la 6.9). La Mercedes 6.3 a marqué les esprits comme Grande soeur de la 6.9. Ces autos sont qualifiées de "schizophrènes" par certains... mauvais conducteurs !

Souvent décrite comme plus brutale, la Mercedes 300 SEL 6.3 était plus légère, dotée d'un rapport plus court (2,82 au lieu de 2,65 pour la 6.9) et d'une boîte automatique 4 vitesses SANS CONVERTISSEUR DE COUPLE (coupleur hydrocinétique). D'où conduite sportive de rigueur : pas de souplesse et claque dans le cul à l'accélération ! Avec ses pneus relativement fins (aux standards actuels) 195/70 14 elle cache vraiment bien son jeu...

Le convertisseur de couple, introduit dans les années soixante-dix, amplifie le couple à certains régimes (comme une 'boîte dans la boîte'), est beaucoup plus souple que le coupleur hydrocinétique et autorise juste 3 vitesses sur la 6.9 comme sur les autres W116 ou W107 (350 ou 450). La 3e s'enclenche dès 50km/H, mais vous pouvez rétrograder en seconde jusqu'à 120km/H, claque assurée ! Au niveau conduite, la 6.9 est donc bien plus maniable.

Lisez bien les performances et vous verrez que si la 6.3 se comporte un peu mieux de 0 à 100 km/h (chose qu'ont remarqué tous les journalistes), l'avantage est à la 6.9 de 100 à 200 km/h (couple supérieur et amplifié par le nouveau convertisseur). Bientôt en ligne le rapport de test de l'Action Automobile n°225 (juillet-août 1979) où sont comparées Mercedes 300 SEL 6.3, 450 SEL 6.9 et 450 SLC 5.0.

Quelques concurrents en 1975 : dans cette catégorie à part des "limousines sportives", on ne trouve pas vraiment d'alternative : Rolls Royce Silver, Opel Diplomat à moteur 2.8 l, BMW 3.3 La à 3.3 l, Porsche 911 à 2.7 l, Porsche Carrera à 3.0 l (ou Turbo), etc.

Notez qu'en 1976 la concurrence répliqua avec des big blocs comme par exemple Opel Diplomat à V8 Chevrolet 5.4 litres. Les cylindrées des concurrents augmentèrent régulièrement, tandis que chez MB on parla plutôt de "downsizing".

Aparté pour les rêveurs : vous pouvez bien sûr comparer aux sportives et trouver sur le papier quelqu'objet plus séduisant, avec force cylindres (V12), turbo ou compresseur. Soit, mais alors pourquoi ne pas sauter la case départ, passer directement chez AMG, Brabus... dépenser 20 000 euros de plus et doubler les cv Mercedes avec leur baguette magique (ce qui est simple sur un gros moteur Mercedes : turbo, collecteur d'échappement...). Au risque simplement d'envoyer le moteur ou vous-même aux orties... Un moteur est apparié avec un châssis et tout doit être dimensionné. Bref, on voit éclore tant de rêves illusoires que la méfiance reste de mise. Reste-t-on sur de l'origine de série ou du préparé voire du tuning ?

Une Mercedes sans descendance

Avec les "crises pétrolières", en 1979 fut introduite la 500 SEL (W126036) qui remplaçait sur le papier (avec ce même 036) la 6.9 dans le haut-de-gamme Mercedes. Son rôle à jouer de leader fut d'autant plus délicat que la 600 allait bientôt être mise à la retraite (1981). La 500 est certes une bonne synthèse des W116, mais qui remplaçait plutôt la 450 que la 6.9. Je l'écris d'autant plus facilement que j'ai possédé les deux. Au mieux, on reprit les systèmes tel-quels (suspension hydropneumatique sur option). Au pire, on allèga à fond (plastification, fiabilité moindre...). Le moteur est un bloc en alliage recopié des blocs-fonte des 450 et peu innovant (excepté le honing des chambres = sans chemise). D'ailleurs pour tout dire, ils portent le même nom M117, ce qui crée une confusion inutile entre 450 et 500 (leurs composants n'étant pas du tout interchangeables !).

L'introduction en 1985 de la 560SEL (W126039) fut certes glorieux, mais ne fit pas non plus oublier la 6.9. Le même moteur M117 n'a guère changé, la course juste un peu rallongée. Les performances sont à peine supérieures à la 500 tandis que la consommation augmente. La gadgétisation était en marche (sièges à mémoire, électronique, raffinements mécaniques douteux, matériaux nobles avec surcoût).

Pour tout dire, la série W126 fut de la grande série (chiffre de production).

Quant aux V12 de la 600 SEL (W140), ce fut plus l'aboutissement d'un rêve technologique qu'une réussite pratique. En quelque sorte un flash-back vers la 770K et autres V12 d'avant-guerre ! Mais ce n'était pas non plus une limousine sportive. Le poids de plus de 2T annihilait le V12 et l'électronique envahissante contrariait la fiabilité (encore plus aujourd'hui dans une optique de collection). Mais il permettait de contrer la concurrence : Rolls Royce (laquelle?), BMW avec sa 850 CSI, elle aussi hélas une "bête à chagrin" pour le collectionneur ! puis Audi V8, etc.

Bon, en cherchant bien, on trouve quand même dans les archives une 600 SEL Brabus 6.9 et même 7.3 (W140 elles aussi) ! Le V12 rugit certes plus fort que le V8, mais je ne pense pas que ces véhicules vieillissent bien. Personne ne m'a jamais chanté cette chanson en tout cas.

Bref, pas de vrai successeur à la Mercedes 6.9 jusqu'à nos jours... malgré d'illustres prédécesseurs (700K avant guerre, 600, 300 SE puis 300 SEL 6.3).

Point de vue de propriétaire : Mercedes Maximus

Sous ce titre Mercedes Maximus présentait en mars 2007 le magazine allemand Oltimer Praxis la Mercedes 450 SEL 6.9
Sous-titre : "La grande complication : Mercedes 450 SEL 6.9".

Article intéressant car il fait le tour de nombreux points propres à la Mercedes 6.9. Le propriétaire, Rainer Zenker, a visiblement souffert à restaurer presque complètement sa voiture. Moteur, injection, suspension, chromes, garnitures, etc.

Comme il le dit lui-même : "Remettre sur la route une 6.9 n'a rien a voir avec une autre classique (il avait un cabriolet SL 107 auparavant). Sur presque toutes les anciennes, c'est la carrosserie le point noir. Mais comparé à la complexité de la mécanique et de l'hydraulique, la corrosion reste un point mineur sur une 6.9. (...)

"-La 6.9 est vraiment impressionnante, parce qu'elle ne fait rien pour impressionner. Aujourd'hui difficile à admettre, et malheureusement beaucoup de voitures gardent les traces de ce manque de compréhension, principalement sous la forme de séquelles d'accident, parce que de nombreux propriétaires voulaient sentir la violence que peut libérer la voiture." (traduit de l'allemand)

Simplement brutale !
ou sauvage, voire gothique... mais elle peut aussi être courtoise et féline !

Mercedes 450 SEL 6.9 en forêt

"Faîtes une fois un essai. Pendant toute une journée. Et ce jour-là vous connaîtrez une nouvelle voiture."
document publicitaire MB 450 SEL 6.9 1975

Mercedes sans retour ?

Vous possédez une Mercedes, très bien ! Une ancienne, parfait !
Maintenant, je vous le dis de vous à moi : si jamais vous essayez un jour une 6.9 c'est un voyage sans retour ! One way ticket

Une fois goûté aux charmes (et épines) de la 6.9 aucune voiture sur terre n'aura plus d'importance pour vous : des caisses qui se trainent, qui ronflent et s'essoufflent en côte. Les chevaux n'y feront rien, ni l'âge du capitaine, ni la capote, ni le turbo, ni les gadgets, etc.

Présomptueux peut-être, mais on ne revient pas indemne d'une 6.9...

Après les côtes, passons à la cote !

Mercedes 450 SEL 6.9 devant le Ventoux
Mercedes 450 SEL 6.9 devant le Mont Ventoux en Provence (84 Vaucluse)


Cote, cotte, côtes, à côtés et cot-cot-codec !

Selon LVA 2012, la Mercedes 450 SEL 6.9 cote en 2012 (état +) : 13 000euros

Que signifie ce prix, un peu hors du temps ? [qui n'est même pas le coût d'une remise en route]
"La cote de l'automobile de collection est basée sur les résultats de ventes aux enchères, les seuls chiffres publics réels".
"Toutes les cotes indiquées s'entendent pour des autos en bon état de marche et de présentation"

Mon point de vue : cote utile en général comme cliché du marché, mais très fragile pour les véhicules rares ! Les véhicules vendus aux enchères sont de qualité extrêmement variable, les "experts" sont bien souvent eux-mêmes très partials et tout à fait capable de déguiser les ventes, exempli gratia ci-dessous.

À 13000 euros, vous toucherez en Allemagne une 6.9 Euro état 4 (à restaurer) voire 5 (épave) et vous pourrez rajouter au minimum minimorum 15 à 20000 euros de restauration. J'irai même jusqu'à dire qu'en dessous de 10000 € de frais vous ne pouvez prétendre qu'à une simple remise en route (pneus 1500e, freins 500e, vidanges-courroies 300, pompe à eau 2000, échappement 2000, climatiseur 200, etc.).

cf. par exemple autoscout24.de où les premières 6.9 sont à 15000euros (à restaurer et hors version US)

La définition de "l'état +" est on ne peut plus vague et cache plein de bonnes choses pour les garagistes et autres vendeurs de pièces.

Je mets d'ailleurs au défi quiconque de rouler 1000km sans aucun souci mécanique ni fuite avec une 6.9 à 13000 euros. N'oubliez pas que ce sont de véhicules de plus de 30 ans d'âge.

Autre cote très différente pour une MERCEDES 450 SEL 6.9 de 1976. Sur ce site http://www.classic-car-tax.de/ du magazine allemand MotorKlassic vous POUVIEZ calculer en ligne la cote de votre véhicule de collection gratuitement avant de l'assurer ! Ce lien est brisé (2015), le service est dorénavant payant 350€ !

Cote 2012 pour une MERCEDES 450 SEL 6.9 de 1976 : 28500-38500 € pour un véhicule bien entretenu (état 2 sur une échelle de 1 neuf à 5 épave), et 7800-10600 € pour un véhicule à restaurer (état 4).

Remarque importante : les 20000€ de différence ne suffiront pas à restaurer l'état moyen (d'autant plus si vous faîtes appel à des professionnels) ! Je vous conseille instamment de préférer le véhicule bien entrenu !!! A moins de l'envoyer pour restauration en Europe de l'Est par exemple.

filles fans de Mercedes 450 SEL 6.9

Autre point qui a son importance pour la cote, plus le véhicule est rare à l'origine et moins la cote a d'importance, car il n'y a pas de vrai marché et la cote devient non-représentative. Ça concerne les 6.9 (7380 exemplaires), mais aussi un autre cas à titre d'exemple qui trahit cette même "cote" LVA (qui met évidemment plus en valeur les tacots français...) :

rouge Mercedes 280 SE cabriolet 3.5L : "Nous cotons habituellement 115000euros ces cabriolets Mercedes V8. Celui-ci, vendu à Paris en février dernier, bénéficiait d'une restauration récente et très soignée et de nombreuses options qui ont poussé plusieurs amateurs à aller bien au-delà. Rien que ses cinq jantes alliage neuves en 15' (commande spéciale) ont coûté 5000euros."

cote € 80.800 - € 109.200 selon Classic-car-tax.de

Ce qui fait que la photo du même véhicule est badgée une fois 115000euros en page 118, une autre fois 154877 euros page 138, et crédité d'une augmentation de prix de "+278%" (p. 118) !!! Le merdier...

Donc : il y aurait une cote "Etat +" et une autre cote pour des modèles vraiment restaurés ? C'est un aveu d'impuissance face aux puissances maléfiques de l'argent et des produits allemands. Une cote mal ajustée tout simplement... C'est vrai aussi, au crédit des journalistes, que les cotes sont faites pour évoluer.

Vous savez quoi ? Avec de telles cotes, suivez plutôt vos goûts personnels et votre instinct ! D'ailleurs, mieux vaut enfiler une vraie cotte pour restaurer votre véhicule et valoriser votre plaisir.

mise à jour 2019 : depuis 2012 la cote des 6.9 grimpe, voyez nos Annonces archivées

Ventes aux enchères

Encore une fausse Mercedes 450 SEL 6.9 aux enchères rouge 2018 : vente aux enchères truquée : "Mercedes Benz Mercedes-Benz - 450 SEL 6.9 (W116) - 1976, achetée à Tenerife pour le général de l’armée dans les îles Canaries (conserve la radio dans la boîte à gants). Elle est ensuite passée à un propriétaire privé de la péninsule. Le vendeur est son troisième propriétaire.

Moteur V8, 6.9 litres, de 224 CV avec 330 000 km. Fraîchement repeinte dans sa couleur originale 867 vert calédonien. Elle a été entièrement démontée, fenêtres comprises.

--
VOUS AVEZ BIEN LU : il s'agit d'une 6.9 à moteur de 224cv
DONC une Mercedes 450 SEL
1. voyez la plaque : W116033 12 049167 donc pas W116036...
2. voyez la photo du moteur : le bouchon d'huile moteur se trouve sur le couvre-culasse !
3. Notez l'éloignement du vendeur planqué à MADRID


CONCLUSION : ENCORE UNE PURE ARNAQUE par CATAWIKI (qui porte sa cata sur son front...)

https://encheres.catawiki.eu/kavels/21137025-mercedes-benz-450-sel-6-9-w116-1976

PS : Mercedes450SEL69.com n'a évidemment rien contre les 450 SEL qui imposent le respect comme la 6.9, ni contre l'Espagne soit dit en passant.




rouge 2014 : on peut lire dans Classic & Sports Car n°19 de mars 2014 p.46 : "Etonnante enchère de adjugé vendu au marteau Adjugé, vendu 537600€ pour cette Mercedes 600 Pullman Landaulet 6 portes en état "sorti de grange".

Mercedes 600 Pullman Landaulet noire 1971 vendue
Étonnante ? mais, cher monsieur, il n'y eu en tout et pour tout que 59 Landaulet sortis d'usine (version LWB châssis long). Et il y eu 26 six-portes produites. Donc une rareté de pur luxe ! Le même véhicule est, comme de bien entendu, omis des résultats européens dans le même canard. Ça ferait une grosse tâche...

Le même chroniqueur de cette revue Classic & Sports Car, qui s'auto-proclame "n°1 mondial des magazines de voitures anciennes" -à pouffer de rire- s'apesantit longuement sur les modèles français qui n'atteignent pas leur soi-disante "cote", modèles héroïques certes mais SANS la clientèle fortunée correspondante (comme celle qui sévit pour les modèles d'Outre-Rhin et d'Outre-Atlantique...). Et oui, Mesdames et Messieurs, la France est pôvre. Je passe sous silence d'autres âneries qu'on pourrait relever dans le même article, comme "M. X au marteau à côté de la commissaire-priseur" : à moins de confondre marteau et faucille (ou autre truc coupant), qui tient le marteau alors, Mister X ou la commissaire-priseuse (de Folle Enchère) ?! Bref, du ragot.


Voir ce lot sur https://www.rmsothebys.com/en/auctions/PA14/Paris/lots/r126-1971-mercedes-benz-600-six-door-pullman-landaulet/180994

Lire bien d'autres infos plus sérieuses sur la Mercedes Grand 600


rouge 2012 : vente aux enchères carrément truquée : une "Mercedes 500 SEL Heuliez" de 1984 était à vendre au Mans Classic 2012 par une "grande maison de vente aux enchères" (je jette un voile pudique sur un nom connu).

Sauf qu'à bien lire, le numéro de série commençait par WDB126032. Les amateurs auront compris que le châssis de cette rallongée était à l'origine une 380 SE et non une 500 SEL ! Caramba !

Type mine
380 SE : WDB126032
500 SEL : WDB126037 (pour info WDB "Wagen Daimler Benz" = véhicule Daimler Benz)

En fait de 8 cylindres, c'était donc un moteur M116 de 3.8L et non pas le M117 de 5.0L ! et un châssis court qui fut rallongé ?! Historique pas limpide du tout, mensonge d'expert, du "tout mauvais".


Conclusion : les ventes aux enchères s'adressent à un public averti (ou inconscient). Et les experts sont des drôles d'oiseaux... Alors pour en tirer une cote, méfiance, méfiance.

et ne parlons même pas des ventes des Domaines qui servent à recycler les voitures volées...

Tableau synthétique des grandes Mercedes

Comparaison n'est pas raison !
Voici cependant un petit tableau comparant les points mécaniques essentiels du haut-de-gamme Mercedes années 60 à 90 (en cours et non définitif, commentaires bienvenus) -sauf Mercedes 600 W100

Tableau synthétique des grandes Mercedes

Mercedes

300 SEL 6.3

450 SEL

450 SEL 6.9

500 SEL

560 SEL

600 SE/S600

type mine W109 W116033 W116036 W126036 série 1 W126039 série 2 W140
années 1965-1970 1972-1980 1975-1980 1979-1985 1985-1991 1991-1998
moteur en V OOOO
OOOO
OOOO
OOOO
OOOO
OOOO
OOOO
OOOO
OOOO
OOOO
OOOOO
OOOOO
cylindrée (cm3)

6.332

4.520

6.834

4.973

5.547

5.987
bloc fonte M100 fonte M117 fonte M100 alliage M117 alliage M117 alliage M120
poussoirs hydrauliques non non oui oui oui oui
masse à vide (kg)

1765

1755

1935

1655

1810

2190
suspension pneumatique ressorts
option hydro-pneumatique
hydro-pneumatique ressorts
option hydro-pneumatique
ressorts
option hydro-pneumatique pilotée
ressorts
option hydro-pneumatique pilotée
BVA avec convertisseur de couple non oui oui oui oui oui
électronique non injection non calculateur calculateur calculateur + injection
plastique non oui oui oui + oui + oui ++


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